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Actualités - Chronologies

L’Indonésie prend de plus en plus ses distances

La présidente indonésienne, Megawati Sukarnoputri, a réclamé hier une suspension des raids en Afghanistan, prenant ostensiblement ses distances vis-à-vis des États-Unis. Mme Megawati, qui dirige le pays recensant la plus importante population musulmane du monde, a estimé que Washington n’avait pas fourni de preuves suffisantes pour lancer une telle opération, qui cause un «nombre croissant de victimes civiles innocentes». Elle a réclamé, dans un discours au Parlement, une suspension des raids durant le mois du ramadan, qui commence dans 15 jours, et à Noël. Mme Megawati n’a pas cité nommément les États-Unis dans son discours, mais ses propos visaient très clairement ce pays. «Il est du devoir de toutes les parties de rechercher et de présenter des preuves d’une implication de quiconque est suspecté et accusé de terrorisme qui puissent convaincre le monde, avant qu’une action concrète ne soit lancée», a-t-elle dit. «Nous insistons afin que l’offensive militaire en cours pour trouver les auteurs présumés d’actes de terrorisme, qui a causé un nombre grandissant de victimes civiles innocentes, soit suspendue durant le mois sacré du ramadan et à Noël», a-t-elle ajouté. La présidente a estimé qu’une action militaire prolongée serait non seulement contre-productive, mais allait affaiblir la coalition internationale contre le terrorisme, bâtie par les États-Unis. «Nous lançons un appel à une pause humanitaire qui permettrait de prendre en compte les aspects humanitaires tout en recherchant une solution par des moyens politiques et diplomatiques», a-t-elle ajouté. Mme Megawati avait rencontré le président américain George W. Bush une semaine après les attentats du 11 septembre, et avait apporté son soutien à la coopération internationale contre le terrorisme. Washington avait alors promis une aide économique et commerciale de plusieurs centaines de millions de dollars à Djakarta. Alors que les premières bombes américaines s’abattaient sur l’Afghanistan, Djakarta avait réagi de manière mesurée. Le gouvernement s’était borné à demander que l’opération soit limitée pour éviter les pertes civiles. La présidente, une nationaliste, élue il y a trois mois par le Parlement, avait par la suite durci son attitude, sous la pression des partis musulmans, et de son propre vice-président, Hamzah Haz. Au sommet de l’Apec (Forum de coopération économique Asie-Pacifique), le mois dernier, l’Indonésie avait déjà plaidé pour une suspension des raids durant le ramadan. Le chef de la diplomatie indonésienne, Hassan Wirayuda, avait expliqué qu’une poursuite de l’offensive aurait un «effet déstabilisant», non seulement en Indonésie, mais dans d’autres pays comme la Malaisie, le Pakistan, l’Arabie séoudite et le Bangladesh. Environ 90 % des 210 millions d’Indonésiens sont musulmans. Des groupes islamistes radicaux, très minoritaires, ont menacé d’attaquer les intérêts américains en Indonésie et de «chasser» les ressortissants américains et britanniques. Des manifestations antiaméricaines ont eu lieu après le début des frappes, mais n’ont réuni qu’un nombre limité de participants. Certains accusaient Mme Megawati d’avoir «vendu» son pays aux États-Unis. Des responsables indonésiens, dont M. Hamzah Haz, ont souligné que ces manifestations et ces menaces avaient pour première conséquence d’inquiéter les investisseurs et de faire fuir les touristes, une des principales sources de devises. Mme Megawati a souligné que les attentats du 11 septembre et les événements en cours avaient «déclenché la menace d’une récession mondiale» qui pesait sur les efforts de l’Indonésie pour améliorer ses performances économiques.
La présidente indonésienne, Megawati Sukarnoputri, a réclamé hier une suspension des raids en Afghanistan, prenant ostensiblement ses distances vis-à-vis des États-Unis. Mme Megawati, qui dirige le pays recensant la plus importante population musulmane du monde, a estimé que Washington n’avait pas fourni de preuves suffisantes pour lancer une telle opération, qui cause un «nombre croissant de victimes civiles innocentes». Elle a réclamé, dans un discours au Parlement, une suspension des raids durant le mois du ramadan, qui commence dans 15 jours, et à Noël. Mme Megawati n’a pas cité nommément les États-Unis dans son discours, mais ses propos visaient très clairement ce pays. «Il est du devoir de toutes les parties de rechercher et de présenter des preuves d’une implication de quiconque est suspecté et accusé...