Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Les tissus de l’avenir

La bataille pour les ourlets qui, voilà trois – quatre ans, mobilisa et passionna les cercles de la mode fait déjà sourire aujourd’hui. Il y va beaucoup plus à présent de la matière des tissus que de leur coupe. Astucieux, intelligents, interactifs, les vêtements multifonctions ne peuvent pas être taillés dans le satin, la batiste ou le taffetas d’antan ! Aujourd’hui peut-être, demain assurément, en achetant un vêtement on recevra avec la facture son mode d’emploi et le palmarès de ses performances : ses fibres recèlent des propriétés répondant aux besoins de la personne qui les porte... Il va de soi que le créateur inspiré du modèle n’est pas à l’origine de ce révolutionnaire palmarès. Le maître-mot de cette ahurissante mutation est le mariage de la technologie et des laboratoires. Si les créateurs de modèles se perdent dans la combinaison des sauces passées avec les nouveaux ingrédients, les ingénieurs de l’inimaginable cherchent à habiller les intégrés des us et matières de l’avenir dans des fibres inédites. Les groupes pétrochimiques (Dupont de Nemours, Rhône Poulenc et autres) planchent fébrilement pour sortir des éprouvettes mieux, bien mieux que les voiles de Salomé ou les tuniques de César. Quarante-deux ans après l’avènement des tissus synthétiques, nous assistons à l’ère des tissus plus futés que l’homme ! Astucieuses, pratiques, prévoyantes et omniactives, les étoffes contemporaines sont de véritables cabines de vols sans pilote. Au point de trouver terriblement dépassé le cérémonial sénile des présentations traditionnelles de mode. En marge de ces prouesses techno-scientifiques, les inspirations piétinent. Entre groupes pétrochimiques et technologies modernes, l’imagination fait la planche. Elle se maintient en équilibre précaire. Hélas, une position que les grands coups de génie ne favorisent pas. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les tissus synthétiques ouvraient la route au règne du «faux-vrai». Les trésors naturels étant de plus en plus hors de prix, on se mit à fabriquer la matière première pour matérialiser les visions des stylistes, tout en rendant grâce à la technologie. Aujourd’hui qui songerait, à part quelques happy-few passéistes, à réclamer de la laine vierge ou de la soie pure ? Astucieux, abordables, les tissus dérivés du pétrole clouèrent au pilori, côté ventes et diffusion, les nobles lambswear et l’aristocratie des cachemires, des soies pures et des fibres naturelles. Le développement du sportswear, l’avènement de la consommation «jeunes», le succès fracassant du prêt-à-porter ont radicalement modifié le paysage de la mode. L’arrivée des fibres techniques a résolument tourné le dos, quelques années avant la fin du second millénaire, aux mœurs et aux coutumes périmées de l’art de se vêtir... Hors des sanctuaires de la haute et de leur muséographie, le vêtement poursuit sa trajectoire vers de nouvelles destinées. Lors d’un récent Salon du textile, un groupe belge (Sofinal) a présenté un tissu thérapeutique, censé cicatriser spontanément. Si par hasard ou maladresse cette étoffe en polyamide subissait un traumatisme (éraflure, déchirure, accroc), il suffirait de passer la main sur la «blessure» pour que les fibres se ressoudent et l’éraflure guérisse comme par enchantement. À une condition toutefois : ne jamais couper les fils effilochés par la déchirure. Ce qui n’empêche nullement certains adeptes purs et durs de la noblesse élitiste de vénérer le culte des matières précieuses et authentiques... Mais les temps et les mœurs avancent sans prêter l’oreille ni tourner la tête pour voir ce que leur course condamne à jamais...
La bataille pour les ourlets qui, voilà trois – quatre ans, mobilisa et passionna les cercles de la mode fait déjà sourire aujourd’hui. Il y va beaucoup plus à présent de la matière des tissus que de leur coupe. Astucieux, intelligents, interactifs, les vêtements multifonctions ne peuvent pas être taillés dans le satin, la batiste ou le taffetas d’antan ! Aujourd’hui peut-être, demain assurément, en achetant un vêtement on recevra avec la facture son mode d’emploi et le palmarès de ses performances : ses fibres recèlent des propriétés répondant aux besoins de la personne qui les porte... Il va de soi que le créateur inspiré du modèle n’est pas à l’origine de ce révolutionnaire palmarès. Le maître-mot de cette ahurissante mutation est le mariage de la technologie et des laboratoires. Si les créateurs...