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Actualités - Chronologies

Les chars partis, les rescapés racontent leur calvaire

Les habitants de la ville autonome palestinienne de Bethléem en Cisjordanie, qui commençaient à récupérer leurs affaires dans les décombres laissés par 10 jours de réoccupation israélienne, estimaient hier avoir échappé de peu à la mort, qui a emporté 23 des leurs. Ahmad Farajine explique comment, samedi, aux alentours de minuit, un bulldozer israélien a éventré le mur de son salon alors qu’il se trouvait avec une vingtaine de membres de sa famille élargie dans une chambre adjacente pour s’abriter des affrontements. Il a alors couru allumer une lampe pour montrer aux soldats israéliens qu’il y avait des gens à l’intérieur afin qu’ils n’ouvrent pas le feu. «Mais quand ils ont vu les lumières, ils ont commencé à tirer partout», explique ce père de cinq enfants qui tient un salon de coiffure. Tout le monde, hommes, femmes et enfants, est parvenu à s’échapper par une fenêtre après avoir escaladé une échelle en équilibre sur un lit. «Je suis le dernier à être sorti», dit-il. «Qui est le terroriste ici ?» interroge cet habitant de la ville natale du Christ, à majorité chrétienne, accusant les soldats israéliens de tirer et de détruire au hasard. Peu de bâtiments ont été épargnés dans sa rue, qui mène à l’hôtel Paradise. Les Palestiniens qui passent en voiture contemplent, désabusés, les dégâts alors que des policiers et un membre du Conseil législatif (Parlement), Bichara Daoud, inspectent ce qui reste des boutiques et de l’hôtel complètement incendié. M. Daoud évalue les dégâts à plusieurs millions de dollars. La maison de Khaoula Azeh, veuve de 40 ans et mère de cinq enfants, a été en partie détruite, au troisième jour de la réoccupation de Bethléem, par un char israélien qui est entré dans sa salle de séjour, enfonçant le mur. Heureusement, la famille était alors dans une autre pièce. «C’est une maison. Nous ne nous y attendions pas», dit-elle, revenue sur les lieux pour voir l’état du bâtiment après avoir trouvé refuge avec son frère dans un camp de réfugiés voisins. «Nous voulons libérer notre pays. Nous voulons que les Israéliens s’en aillent pour que nous puissions avoir notre pays avec Jérusalem pour capitale», explique Mohammed, son fils de quatre ans, après avoir imité le bruit des chars, sous le regard amusé de sa mère et de sa sœur. «Les choses peuvent de nouveau exploser demain comme la situation peut rester calme», estime Salah Tamaré, qui représente Bethléem au Conseil législatif. «Tout dépend du comportement des Israéliens», notamment «s’ils cessent leur politique d’assassinats (d’activistes palestiniens, ndlr)», ajoute-t-il. Pour Rami, étudiant, le calme pourrait durer si Washington parvient à maintenir la pression sur le Premier ministre israélien Ariel Sharon et si le président palestinien Yasser Arafat parvient à persuader les combattants palestiniens que le cessez-le-feu leur apportera des bénéfices politiques. Mais, note-t-il, pour la première fois depuis le début de l’intifada, certaines de ses connaissances ont acquis des armes à feu pendant ces 10 jours d’occupation.
Les habitants de la ville autonome palestinienne de Bethléem en Cisjordanie, qui commençaient à récupérer leurs affaires dans les décombres laissés par 10 jours de réoccupation israélienne, estimaient hier avoir échappé de peu à la mort, qui a emporté 23 des leurs. Ahmad Farajine explique comment, samedi, aux alentours de minuit, un bulldozer israélien a éventré le mur de son salon alors qu’il se trouvait avec une vingtaine de membres de sa famille élargie dans une chambre adjacente pour s’abriter des affrontements. Il a alors couru allumer une lampe pour montrer aux soldats israéliens qu’il y avait des gens à l’intérieur afin qu’ils n’ouvrent pas le feu. «Mais quand ils ont vu les lumières, ils ont commencé à tirer partout», explique ce père de cinq enfants qui tient un salon de coiffure. Tout le...