L’opposition armée afghane, réunie dans l’Alliance du Nord, exclut un retour de l’ex-Premier ministre et chef de guerre de sinistre réputation Gulbuddin Hekmatyar, et dit avoir reçu des assurances de l’Iran où il est exilé. «Même les taliban au passé pourtant peu reluisant sont réticents à accepter Hekmatyar. Vous pouvez imaginer ce que pensent les gens. Il n’y a pas de place pour lui en Afghanistan», a déclaré Abdullah Abdullah, ministre des Affaires étrangères de la coalition anti-taliban de l’Alliance du Nord. M. Hekmatyar, un Pachtoune, avait été dans les années 80 le protégé des services de renseignements américains et pakistanais dans la lutte contre l’Armée rouge. Il est accusé d’avoir ensuite fait pilonner Kaboul pendant plus de trois ans après avoir été écarté du pouvoir militaire en 1992 par le commandant Ahmed Shah Massoud, un Tadjike, ancien chef militaire de l’Alliance du Nord, assassiné le 9 septembre dernier. Son siège brutal de Kaboul conduisit à la destruction de la majeure partie de la capitale afghane et coûta la vie à des dizaines de milliers de civils. À tel point qu’un chef modéré de la résistance à l’Armée rouge affirma un jour publiquement que Hekmatyar avait tué plus d’Afghans innocents que les soldats soviétiques. Ses commandants étaient aussi connus pour recruter des volontaires arabes, piller les convois d’aide humanitaire et se montrer particulièrement brutaux sur les champs de bataille. En 1996, il obtint brièvement le titre de Premier ministre dans le cadre d’un accord de paix avec Massoud mais, quelques mois plus tard, il fut forcé de fuir Kaboul lors de sa conquête par les taliban. Le fondamentaliste, ancien chef du parti religieux Hezb-i-Islami, est depuis réfugié en Iran. Les raisons pour lesquelles l’Iran chiite accueille Hekmatyar, un sunnite, ne sont pas claires. Gulbuddin Hekmatyar avait déclaré le 16 octobre à Téhéran qu’il rejoindrait «la résistance antiaméricaine» en Afghanistan dès que les États-Unis lanceraient une offensive terrestre contre son pays. Il avait aussi affirmé la semaine dernière avoir noué des contacts tant avec les taliban qu’avec l’Alliance du Nord, formée de minorités nonpachtounes et avec qui il a rompu, pour former un «front uni» et «défendre l’Afghanistan» contre les États-Unis. M. Abdullah a nié ces affirmations, les qualifiant de «fantaisie». Quoi qu’il en soit, l’état des forces de Hekmatyar à l’heure actuelle reste peu clair. La plupart de ses hommes ont rejoint les rangs des taliban, des Pachtounes comme eux, et plusieurs de ses lieutenants ont trouvé refuge en Occident.
L’opposition armée afghane, réunie dans l’Alliance du Nord, exclut un retour de l’ex-Premier ministre et chef de guerre de sinistre réputation Gulbuddin Hekmatyar, et dit avoir reçu des assurances de l’Iran où il est exilé. «Même les taliban au passé pourtant peu reluisant sont réticents à accepter Hekmatyar. Vous pouvez imaginer ce que pensent les gens. Il n’y a pas de place pour lui en Afghanistan», a déclaré Abdullah Abdullah, ministre des Affaires étrangères de la coalition anti-taliban de l’Alliance du Nord. M. Hekmatyar, un Pachtoune, avait été dans les années 80 le protégé des services de renseignements américains et pakistanais dans la lutte contre l’Armée rouge. Il est accusé d’avoir ensuite fait pilonner Kaboul pendant plus de trois ans après avoir été écarté du pouvoir militaire en...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.