Le Premier ministre britannique Tony Blair en appellera cette semaine à la «fibre morale» de ses compatriotes dans la lutte contre le terrorisme, un combat que la Grande-Bretagne prévoit de longue durée et dans lequel elle s’apprête à lancer plusieurs centaines de troupes d’élite. Ministres et responsables militaires ont multiplié les avertissements ces derniers jours, préparant une opinion publique de plus en plus fébrile à un conflit périlleux et de longue haleine. «Lorsqu’on a affaire à une opération militaire aussi complexe qu’au Kosovo ou en Afghanistan, on ne peut pas dire avec certitude combien de temps elle va durer», a déclaré dimanche le secrétaire au Foreign Office Jack Straw. «Dès le début, nous avons expliqué que nous étions engagés sur le long terme, a-t-il indiqué. Ce genre d’action militaire peut se poursuivre pendant une durée indéterminée». Vendredi dernier, le chef d’état-major interarmées Michael Boyce avait déclaré que la guerre en Afghanistan, dans sa phase militaire actuelle, pourrait durer trois ou quatre ans. Tout en laissant entendre que la lutte plus générale contre le terrorisme, qu’il a comparée à celle contre le communisme pendant la guerre froide, pourrait prendre un demi-siècle. Des propos alarmistes rapidement nuancés par le ministre de la Défense Geoff Hoon, qui table sur un effondrement du régime des talibans au pire dans les prochains mois plutôt que dans les prochaines années. Cette légère cacophonie semble trahir une certaine nervosité du gouvernement britannique alors que se profile à un horizon de plus en plus rapproché la perspective d’une intervention terrestre en Afghanistan. Après trois semaines de frappes aériennes auxquelles elle a apporté un soutien essentiellement logistique, la Grande-Bretagne a passé la vitesse supérieure en mobilisant quelque 600 fusiliers marins en vue d’une opération sur le sol afghan. 200 d’entre eux resteront dans la région du Golfe après les manœuvres omano-britanniques qui s’achèvent cette semaine. Jusqu’à présent, l’opinion britannique, bouleversée par les attentats du 11 septembre, n’a pas mesuré son soutien à son chef : un récent sondage le créditait d’ailleurs d’une popularité semblable à celle de... Winston Churchill pendant la Deuxième Guerre mondiale. Pour autant, plusieurs voix dissonnantes, dans la presse mais également dans les rangs du Parti travailliste, se sont élevées ces derniers jours pour demander des comptes au gouvernement sur les dérapages de la campagne militaire – bombardements d’entrepôts de la Croix-Rouge, victimes civiles... – voire pour en exiger la suspension pure et simple. Tony Blair a donc décidé de monter lui-même au créneau mardi pour ressouder ses troupes et appeler le pays à la patience. Dans une allocution devant l’Assemblée régionale du pays de Galles à Cardiff, le chef du gouvernement justifiera son soutien indéfectible aux États-Unis en se plaçant sur le terrain des valeurs morales. «Quelles que soient nos fautes, la Grande-Bretagne est une nation très morale avec un sens aigu du bien et du mal. Et cette fibre morale va défaire le fanatisme des terroristes et de leurs partisans», doit déclarer M. Blair dans un discours aux accents churchilliens.
Le Premier ministre britannique Tony Blair en appellera cette semaine à la «fibre morale» de ses compatriotes dans la lutte contre le terrorisme, un combat que la Grande-Bretagne prévoit de longue durée et dans lequel elle s’apprête à lancer plusieurs centaines de troupes d’élite. Ministres et responsables militaires ont multiplié les avertissements ces derniers jours, préparant une opinion publique de plus en plus fébrile à un conflit périlleux et de longue haleine. «Lorsqu’on a affaire à une opération militaire aussi complexe qu’au Kosovo ou en Afghanistan, on ne peut pas dire avec certitude combien de temps elle va durer», a déclaré dimanche le secrétaire au Foreign Office Jack Straw. «Dès le début, nous avons expliqué que nous étions engagés sur le long terme, a-t-il indiqué. Ce genre d’action...
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