La capture et l’exécution du légendaire commandant pachtoune Abdul Haq représentent un sérieux revers pour les Américains, dont la supériorité militaire aérienne n’est pas parvenue jusqu’à présent à faire la différence en Afghanistan. Si la version des taliban se confirmait – c’est-à-dire sa capture en dépit d’une intervention aérienne des forces américaines qu’aurait réclamée Abdul Haq lui-même –, l’échec n’en serait que plus cinglant pour Washington. Confirmant l’exécution, un représentant de l’Alliance du Nord à Washington, Daoud Mir, a parlé de «perte sévère pour tout le monde, pas seulement les Américains», mais pour tous les opposants au régime islamiste afghan. Le Pentagone s’est refusé à tout commentaire. «Nous connaissons ces informations et nous n’avons rien à dire», a déclaré la porte-parole Victoria Clarke, interrogée sur des informations selon lesquelles les troupes américaines avaient tenté en vain de secourir Abdul Haq. «C’est une mauvaise chose, indubitablement», a estimé Jim Phillips, un spécialiste de l’Afghanistan. Les taliban avaient intérêt à «le discréditer en le présentant comme un pion des Américains», mais rien ne le prouve, a déclaré cet expert auprès de la Heritage Foundation, un centre de recherches conservateur à Washington. Cette exécution sommaire démontre à nouveau «l’intolérance absolue», mais aussi «la nervosité» des taliban, qui «tuent d’abord», note M. Phillips. «Sa mort, en Afghanistan, risque de dissuader toute future tentative de retournement des “modérés” dans ce pays. Les perspectives d’un règlement politique pacifique sont maintenant très compromises», a commenté un diplomate occidental à Islamabad. Jim Phillips estime que les opérations militaires vont se poursuivre au moins jusqu’au printemps 2002. «Chasser les taliban est prioritaire» pour les Américains, le futur gouvernement viendra après, a-t-il dit.
La capture et l’exécution du légendaire commandant pachtoune Abdul Haq représentent un sérieux revers pour les Américains, dont la supériorité militaire aérienne n’est pas parvenue jusqu’à présent à faire la différence en Afghanistan. Si la version des taliban se confirmait – c’est-à-dire sa capture en dépit d’une intervention aérienne des forces américaines qu’aurait réclamée Abdul Haq lui-même –, l’échec n’en serait que plus cinglant pour Washington. Confirmant l’exécution, un représentant de l’Alliance du Nord à Washington, Daoud Mir, a parlé de «perte sévère pour tout le monde, pas seulement les Américains», mais pour tous les opposants au régime islamiste afghan. Le Pentagone s’est refusé à tout commentaire. «Nous connaissons ces informations et nous n’avons rien à...
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