CLIMAT - Une conférence pour sauver définitivement - le protocole de Kyoto
le 26 octobre 2001 à 00h00
180 pays se retrouvent lundi à Marrakech (Maroc) pour verrouiller «l’accord de Bonn» qui avait ressuscité en juillet le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, quatre mois après avoir été déclaré «mort» par les États-Unis. La réunion, au niveau des hauts fonctionnaires puis des ministres de l’Environnement (7 au 9 novembre), sera la première conférence climat de l’Onu en Afrique et dans un pays arabe et l’une des rares à ne pas avoir été annulées ou retardées après les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Les États-Unis y participeront en tant que partie à la Convention climat de Rio (1992) dont le protocole (1997) complète les dispositions. Ils seront représentés à nouveau par leur sous-secrétaire d’État aux Affaires mondiales, Paula Dobriansky. Mais ils ne présenteront aucune alternative à Kyoto, le groupe de travail spécialisé de la Maison-Blanche ne s’étant plus réuni depuis le 11 septembre, selon des diplomates européens. La conférence doit boucler, en respectant le marchandage politique de Bonn, des textes juridiques en négociation depuis des années pour fixer les modalités d’application de Kyoto. Technique mais aussi très politique, elle doit consolider les chances de Kyoto d’entrer en vigueur sans les Américains, aucun grand pays n’ayant ratifié l’accord dans l’attente de ses tenants et aboutissants. Si l’Union européenne a lancé officiellement mardi son processus de ratification et le gouvernement japonais planche sur le dossier, la position de la Russie reste «assez incertaine», d’après des sources est-européennes. Or, le Japon et la Russie détiennent désormais les clés d’une entrée en vigueur de Kyoto sans les États-Unis, compte tenu des clauses de ratification du document. Le point le plus difficile des négociations portera sur le système de contrôle international des engagements. Les Européens s’opposeront à toute tentative des alliés traditionnels des États-Unis dans les pourparlers climatiques (Canada, Australie, Japon, Russie) de remettre en cause le compromis conclu à l’arraché sur ce point entre les ministres à Bonn. La pierre d’achoppement porte sur le caractère juridiquement contraignant ou non du système, en particulier des pénalités applicables en cas de violation des engagements, dont ne voulaient pas entendre parler Japon, Australie et Russie. Le compromis de Bonn avait consisté à reporter après l’entrée en vigueur du protocole la décision sur la valeur juridique du système. La conférence devra valider aussi les trois autres volets du marchandage : large prise en compte des «puits de carbone» (stockage des gaz à effet de serre par les forêts et les terres cultivées), recours aux échanges de droits d’émission et promesses financières des pays riches pour aider les pays en développement à combattre le changement climatique et à s’adapter à ses conséquences. La Russie devrait exiger à nouveau un doublement de l’allocation de «puits» qui lui a été octroyée à Bonn. Si elle abandonne cette revendication, elle pourrait obtenir satisfaction sur le démarrage rapide d’un mécanisme qui permettra à un pays riche d’obtenir des crédits d’émission en réalisant un projet d’efficacité énergétique dans les économies en transition. Un mécanisme similaire destiné aux pays du Sud devrait être lancé officiellement à Marrakech avec validation rétroactive des projets dès 2000. Kyoto exige des pays industrialisés de réduire leurs émissions de gaz réchauffant l’atmosphère de 5,2 % en 2008-12 par rapport à 1990 (gaz carbonique notamment).
180 pays se retrouvent lundi à Marrakech (Maroc) pour verrouiller «l’accord de Bonn» qui avait ressuscité en juillet le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, quatre mois après avoir été déclaré «mort» par les États-Unis. La réunion, au niveau des hauts fonctionnaires puis des ministres de l’Environnement (7 au 9 novembre), sera la première conférence climat de l’Onu en Afrique et dans un pays arabe et l’une des rares à ne pas avoir été annulées ou retardées après les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Les États-Unis y participeront en tant que partie à la Convention climat de Rio (1992) dont le protocole (1997) complète les dispositions. Ils seront représentés à nouveau par leur sous-secrétaire d’État aux Affaires mondiales, Paula Dobriansky. Mais ils ne...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.