Le président de la Commission européenne Romano Prodi a mis l’accent sur «la résistance réelle» de l’économie européenne et suggéré des pistes pour aider à surmonter le ralentissement consécutif aux attentats du 11 septembre, jeudi, à la veille du sommet européen de Gand. «Le reprise sera retardée par les attentats du 11 septembre, mais il n’y aura pas de récession», a assuré M. Prodi, en présentant devant la presse les grands objectifs de la Commission pour le sommet. La reprise économique dans l’UE devrait commencer «au cours du deuxième semestre» 2002, a-t-il estimé. Le président de la Commission a rappelé qu’avant le 11 septembre, l’économie européenne était déjà en phase de ralentissement, et que les attentats aux États-Unis devraient y ajouter «un choc économique». Dans un document de synthèse préparatoire au sommet, la Commission européenne observe que «l’économie de l’UE ne souffre pas de déséquilibres extérieurs majeurs» et que «les réformes structurelles en ont accru l’élasticité». Elle confirme la prévision d’une croissance de 1,5 % cette année, envisage un taux voisin en 2002, sans exclure une «diminution temporaire du produit intérieur brut (PIB)» de l’Union. Mais elle relève des éléments encourageants, comme le fait que, malgré une forte baisse, les niveaux de confiance des entreprises et des consommateurs «restent supérieurs à ceux enregistrés» dans le passé lors des périodes de récession. L’Europe a des «fondamentaux économiques sains» et des atouts pour faire face à cette situation, a souligné Romano Prodi, en citant en premier lieu l’euro, qui constitue une protection face aux chocs extérieurs. Il a également mentionné le recul de l’inflation et les réformes déjà engagées. M. Prodi entend donc faire passer un double message au sommet de Gand : «La résistance réelle de notre économie» et «la nécessité de continuer à suivre attentivement l’évolution de l’économie de la zone euro» pour «être prêts à agir» si la situation se modifiait. Il appelle ainsi à accélérer la mise en œuvre des mesures définies au sommet de Lisbonne, au printemps 2000, visant à faire de l’Europe la zone économique la plus compétitive du monde à l’horizon 2010. Face au ralentissement, M. Prodi mise aussi sur le rôle de la Banque européenne d’investissement (BEI) qui a «une contribution importante à apporter». Il a indiqué avoir rencontré Philippe Maystadt, le président de la BEI, pour évoquer des mesures concrètes que la banque de l’UE pourrait prendre. «Il s’agit d’une intervention plus sur le moyen ou long terme que sur le court terme, mais ce sont des mesures importantes», a-t-il dit. «Les conditions d’une reprise existent dans l’Union européenne en 2002», résume M. Prodi dans une lettre adressée au Premier ministre belge Guy Verhofstadt, dont le pays préside actuellement l’UE. La Commission considère aussi que les efforts de consolidation budgétaire laissent aujourd’hui une marge de manœuvre qui permettra d’utiliser le mécanisme des stabilisateurs automatiques pour compenser des recettes fiscales moindres et des dépenses sociales en hausse. Pour M. Prodi toutefois, «la plus grande vigilance s’impose» et «seules des politiques économiques coordonnées ont des chances de surmonter un ralentissement à caractère global». Pour sa part, la Commission s’efforce, par son action, de créer les conditions d’une «politique monétaire visant à l’expansion». Mais M. Prodi, comme d’autres responsables européens avant lui, a soigneusement évité de sembler vouloir «intervenir sur le moment» où la Banque centrale européenne (BCE) pourrait baisser ses taux.
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