De fausses alertes en adoption de mesures de précaution, la multiplication des cas de maladie du charbon aux États-Unis a semé le trouble hier dans le monde entier. En Australie, une série d’alertes, provoquées par la présence de poudre suspecte dans du courrier, a mis les autorités en émoi. Le consulat américain de Melbourne comme le consulat britannique de Brisbane ont été évacués. Les alertes qui ont fait soupçonner des tentatives de contamination par des bactéries de la maladie du charbon, analogues à celles des États-Unis, se sont révélées fausses mais elles ont renforcé la crainte de terrorisme biologique. Elles sont intervenues alors qu’aux États-Unis douze personnes au total ont été contaminées ou ont subi des tests positifs, après avoir été pour la plupart en contact avec des lettres suspectes. Deux d’entre elles ont contracté la maladie et l’une en est morte. En Suisse, un employé de Novartis, le géant mondial de la pharmacie, a été examiné à titre préventif après avoir reçu une lettre contenant une poudre suspecte à Bâle. «La probabilité d’une analogie avec les événements aux États-Unis est faible», a toutefois estimé Novartis. En Belgique, où jusqu’à présent aucune substance dangereuse n’a été décelée, la découverte de deux enveloppes suspectes lundi à Liège (est) a porté à une quinzaine le nombre de cas analysés. En Allemagne, des enveloppes également jugées suspectes ont entraîné la fermeture temporaire de plusieurs centres de tri postaux tandis que la Chine a imposé une quarantaine sur le courrier international pendant la durée du sommet de l’Apec (Forum de coopération économique Asie-Pacifique) à Shanghai. La maladie du charbon peut se transmettre par inhalation, par contamination cutanée ou encore par ingestion de la bactérie. L’inhalation est le mode de transmission privilégié de la bactérie du charbon utilisée comme arme bactériologique, en raison de la facilité de dispersion de spores, qui peuvent gagner les voies respiratoires. En Grèce, les stocks de médicaments contre la maladie ont été augmentés et le ministre de la Santé, Alekos Papadopoulos, a estimé que les autorités étaient «prêtes à faire face» à la menace d’une attaque biologique. Au Japon, le ministère de la Santé a placé sur son site Internet une série d’indications à suivre en cas de contamination, tout en recommandant à la population de ne pas céder à la panique. Les autorités italiennes ont appelé à la vigilance et, dans le cadre de la lutte contre le bioterrorisme, le gouvernement a mis en place un numéro gratuit qui a déjà reçu 250 appels. En France, le ministre délégué à la Santé, Bernard Kouchner, qui a annoncé dimanche une relance de la production de vaccin antivariolique, s’est voulu rassurant. «Nous n’avons pas de raison d’avoir peur. Il n’y a pas de cas de maladie du charbon en France (...) ni d’autres cas de maladies dont on pourrait penser que le terrorisme se servirait», a-t-il déclaré.
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