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Actualités - Chronologies

Un restaurant presque comme les autres

«Une femme égale une voix» : au restaurant Femmes de la Méditerranée à Nîmes (sud de la France), l’ensemble du personnel, exclusivement féminin, a les mêmes droits et les mêmes devoirs. Patronnes comme employées. Les bénéfices y sont aussi équitablement partagés. Le restaurant est ouvert depuis le mois de mars à 500 mètres des arènes romaines. Il affiche complet tous les jours. On y mange une cuisine méditerranéenne à petits prix (l’équivalent de 8 dollars le menu). «On vient ici parce que c’est bon», affirme Sabine Dardillac, l’une des trois fondatrices de Femmes de la Méditerranée, un restaurant pas tout à fait comme les autres car sa finalité est l’intégration de femmes en difficulté, des immigrées de première ou seconde génération, vivant dans des quartiers difficiles. Le restaurant a été créé sous la forme d’une coopérative ouvrière par Sabine Dardillac, 39 ans, Denise Michel, 38 ans, et Nadia Chouaki, 32 ans. Sabine, une Nîmoise, et Nadia, d’origine algérienne, ont l’expérience de cuisinières en restauration. «On travaille sur le même rythme que les autres restaurants, avec la même rigueur, le même souci d’hygiène, les mêmes exigences. Mais, en plus, il y a ici l’écoute, la parole, le soutien», précise Sabine. Les salariées – d’Afrique noire, du Maghreb ou de France – qui travaillent aux côtés des trois créatrices du restaurant, ont un contrat d’insertion dont elles fixent elles-mêmes la durée. L’objectif est qu’il y ait «un travail au bout», dans une autre structure. «Dans les quartiers, les femmes étouffent, vivent isolées. Le restaurant est situé en centre-ville. Cela les oblige à quitter la périphérie, prendre les transports en commun, tourner le dos à la précarité et au ghetto», dit Sandrine. Ce n’est pas évident tous les jours. Passé l’enthousiasme, il y a le renoncement pour certaines, l’irrégularité pour d’autres, les retards qu’il faut combattre, car Femmes de la Méditerranée est une structure commerciale, même si elle a bénéficié d’aides publiques et privées. Mais la tolérance, «la solidarité dans le sang», comme l’affirme Sabine, permettent d’accepter des serveuses qui veulent conserver le voile, d’autres un piercing sur les lèvres. «On ne leur dit pas : “il faut l’ôter”. On les laisse se confronter aux regards des clients. Ensuite, c’est elles qui décident», ajoute Sabine. Mais pourquoi uniquement des femmes ? «C’est à la fois un pied de nez au monde de la restauration plutôt misogyne et une réalité, car ce sont les femmes les plus démunies face à la réalité des quartiers», conclut-elle.
«Une femme égale une voix» : au restaurant Femmes de la Méditerranée à Nîmes (sud de la France), l’ensemble du personnel, exclusivement féminin, a les mêmes droits et les mêmes devoirs. Patronnes comme employées. Les bénéfices y sont aussi équitablement partagés. Le restaurant est ouvert depuis le mois de mars à 500 mètres des arènes romaines. Il affiche complet tous les jours. On y mange une cuisine méditerranéenne à petits prix (l’équivalent de 8 dollars le menu). «On vient ici parce que c’est bon», affirme Sabine Dardillac, l’une des trois fondatrices de Femmes de la Méditerranée, un restaurant pas tout à fait comme les autres car sa finalité est l’intégration de femmes en difficulté, des immigrées de première ou seconde génération, vivant dans des quartiers difficiles. Le restaurant a été...