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Actualités - Chronologies

Participation militaire allemande : l’heure de vérité approche

L’heure de vérité pour la solidarité de l’Allemagne avec les États-Unis s’est rapprochée avec les frappes aériennes en Afghanistan, début d’une opération de longue haleine dans laquelle l’armée allemande finira, estiment les experts, par être impliquée. Des soldats de la Bundeswehr vont-ils participer à une opération en Afghanistan ? Si oui, quand et dans quelles circonstances ? La question agite les milieux politiques berlinois. Et la réponse est ambivalente. L’Allemagne, qui voue aux États-Unis une amitié indéfectible et a promis un soutien «inconditionnel» à la riposte américaine aux attentats du 11 septembre, est en effet écartelée entre le sentiment du devoir, le manque de moyens d’une armée pas encore adaptée à sa nouvelle dimension diplomatique et les dangers que représente une guerre pour la coalition gouvernementale entre les sociaux-démocrates et les Verts, issus du mouvement pacifiste des années 70/80. Le président américain George W. Bush a compté l’Allemagne, dans son discours annonciateur des frappes, dimanche, au rang «d’ami proche» au même titre que la France, le Canada et l’Australie. Mais après la Grande-Bretagne, seul partenaire impliqué tout de go dans la riposte militaire. Les États-Unis, pour l’instant, se sont contentés de demander le redéploiement au-dessus de l’Amérique du Nord de cinq avions de surveillance Awacs de l’Otan stationnés en Allemagne, dont l’équipage est composé pour un quart de soldats allemands. À Berlin, le soulagement est perceptible. Les responsables allemands «sont contents de ne pas avoir été sollicités» davantage, souligne Frank Umbach, expert en sécurité de l’Association allemande pour la politique extérieure (DGAP). Dimanche soir, le chancelier Gerhard Schröder a réaffirmé que l’Allemagne apporterait «sa contribution» à la riposte. Avant d’ajouter dans le même souffle : «Dans la mesure des demandes qui nous seront faites et que cela nous est objectivement possible». Deux conditions qui n’incitent pas à l’enthousiasme. D’autant, souligne Hans Joachim Giessmann, de l’Institut pour la recherche sur la paix et la politique de sécurité (IFS), que «les Américains n’ont vraisemblablement guère intérêt à accroître le nombre de partenaires qu’ils devront consulter». Washington n’a par ailleurs jamais caché son agacement face au piteux état de la Bundeswehr et commence à comprendre les difficultés de politique intérieure auxquelles devrait faire face le chancelier social-démocrate en cas de participation des soldats allemands à une guerre dont souffriront forcément des civils. Mais, estiment les experts, la probabilité d’une implication de la Bundeswehr s’accroîtra à mesure que durera l’opération antiterroriste et le besoin de ressources nouvelles. Et l’Allemagne ne pourra alors se dérober, souligne Frank Umbach : c’est l’Alliance atlantique elle-même, ainsi que la politique européenne commune de sécurité, dont Berlin est un ardent défenseur, qui seraient alors en jeu. En attendant, loin du discours volontariste du Premier ministre britannique Tony Blair, le gouvernement allemand se cantonne dans le plus grand silence, lorsqu’on l’interroge sur les possibilités concrètes d’une participation. Le ministre des Affaires étrangères, l’écologiste Joschka Fischer, préfère écarter les journalistes d’une phrase où pointe l’agacement : «La situation est trop sérieuse».
L’heure de vérité pour la solidarité de l’Allemagne avec les États-Unis s’est rapprochée avec les frappes aériennes en Afghanistan, début d’une opération de longue haleine dans laquelle l’armée allemande finira, estiment les experts, par être impliquée. Des soldats de la Bundeswehr vont-ils participer à une opération en Afghanistan ? Si oui, quand et dans quelles circonstances ? La question agite les milieux politiques berlinois. Et la réponse est ambivalente. L’Allemagne, qui voue aux États-Unis une amitié indéfectible et a promis un soutien «inconditionnel» à la riposte américaine aux attentats du 11 septembre, est en effet écartelée entre le sentiment du devoir, le manque de moyens d’une armée pas encore adaptée à sa nouvelle dimension diplomatique et les dangers que représente une guerre pour...