Le régime du président égyptien Hosni Moubarak, en lutte depuis une dizaine d’années contre les groupes islamistes armés, pourrait bénéficier de la campagne antiterroriste lancée par Washington, avec l’extradition de suspects égyptiens. Des décisions de justice ont été rendues ce week-end au Canada, en Bosnie et en Uruguay, sur l’extradition de cinq Égyptiens soupçonnés d’activités terroristes, dont trois auraient des liens avec l’islamiste d’origine séoudienne Oussama Ben Laden, principal suspect dans les attentats du 11 septembre aux États-Unis. La Cour fédérale du Canada a approuvé vendredi l’expulsion de Mohammad Zeki Mahjoub, 41 ans, arrêté l’an dernier et identifié comme un haut responsable du groupe «L’avant-garde de la conquête», dirigé par l’Égyptien Aymane al-Zawahri, bras droit de Ben Laden, selon les informations du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Ce groupe est une faction du mouvement égyptien Jihad, qui avait assassiné le président Anouar el-Sadate en 1981. Zawahri et le Jihad figurent sur la liste des 27 cibles de la guerre antiterroriste déclarée par les États-Unis. Lors d’une audience en mars, M. Mahjoub avait admis avoir travaillé dans une ferme au Soudan, que les États-Unis soupçonnent d’avoir servi à financer le réseau el-Qaëda de Ben Laden, qui a résidé au Soudan de 1990 à 1995. Mohammad Zeki Mahjoub, condamné par contumace en Égypte à 15 ans de prison en 1999 pour terrorisme, était arrivé au Canada en 1995. Son avocat a annoncé qu’il fera appel de la décision d’expulsion. La Bosnie a pour sa part indiqué samedi avoir livré au Caire trois Égyptiens, dont Al-Husseini Aman Ahmad, alias Al-Misri, et Al-Charf Hassan Mahmoud Saad, alias Sakhr, arrêtés le 10 juillet. Ce dernier faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour activités terroristes présumées, tandis que selon la presse locale, Al-Misri aurait des liens avec Ben Laden. Le troisième, Abdel Halim Hassanein, 69 ans, a été «rapatrié en Égypte» car il se trouvait en Bosnie-Herzégovine «illégalement», selon le ministère de l’Intérieur de la fédération croato-musulmane. Enfin en Uruguay, un tribunal a autorisé vendredi l’extradition vers l’Égypte de Al-Said Mohammad Ali Hassan Mokhles, arrêté en 1999 et soupçonné d’avoir suivi un entraînement dans un camp de Ben Laden en Afghanistan. Il est recherché en Égypte pour son implication présumée dans l’attentat de Louxor (sud), en 1997, où 58 touristes avaient été massacrés par l’autre mouvement islamiste armé du pays, la Jamaa islamiya. Son avocat a lui aussi annoncé son intention de faire appel. Aucun attentat islamiste n’a été signalé depuis au moins trois ans en Égypte, où le régime de M. Moubarak maintient d’importantes mesures de sécurité, en particulier sur les sites pharaoniques, dont certains ne sont accessibles qu’avec une escorte des forces de sécurité. M. Moubarak, qui a lui même échappé à au moins dix complots et tentatives d’attentats, la plupart commis par des islamistes, reproche régulièrement à certains pays occidentaux d’accueillir des «terroristes» égyptiens. La remarque a de nouveau été faite fin septembre lors d’une visite au Caire du secrétaire au Foreign Office, Jack Straw. La Grande-Bretagne accorde l’asile à plusieurs islamistes, notamment algériens et égyptiens, recherchés ou condamnés dans leur pays. Mais, tirant les leçons des attentats aux États-Unis, le ministre britannique de l’Intérieur David Blunkett a annoncé mercredi la révision des lois sur l’immigration.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le régime du président égyptien Hosni Moubarak, en lutte depuis une dizaine d’années contre les groupes islamistes armés, pourrait bénéficier de la campagne antiterroriste lancée par Washington, avec l’extradition de suspects égyptiens. Des décisions de justice ont été rendues ce week-end au Canada, en Bosnie et en Uruguay, sur l’extradition de cinq Égyptiens soupçonnés d’activités terroristes, dont trois auraient des liens avec l’islamiste d’origine séoudienne Oussama Ben Laden, principal suspect dans les attentats du 11 septembre aux États-Unis. La Cour fédérale du Canada a approuvé vendredi l’expulsion de Mohammad Zeki Mahjoub, 41 ans, arrêté l’an dernier et identifié comme un haut responsable du groupe «L’avant-garde de la conquête», dirigé par l’Égyptien Aymane al-Zawahri, bras droit...