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Actualités - Chronologies

Bioterrorisme : - la menace fantôme

Le bioterrorisme mobilise sur tous les fronts aux États-Unis où pas un jour ne passe sans de nouvelles déclarations de responsables de la sécurité, politiciens et experts pour mettre en garde contre la menace, d’autant plus inquiétante qu’elle peut revêtir d’innombrables formes. Signe de la nervosité du gouvernement, un cas de maladie du charbon signalé en Floride jeudi a immédiatement fait l’objet d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, où le secrétaire à la Santé Thommy Thompson a écarté tout lien apparent avec une attaque bioterroriste. La victime, un Américain de 63 ans hospitalisé mardi dans un état très grave, est décédé vendredi. La bactérie de la maladie du charbon, connue pour avoir été utilisée à des fins militaires, ou encore les virus de la variole ou de la peste, peuvent se révéler trop difficiles à obtenir ou à manipuler pour des terroristes déterminés à faire des milliers de victimes, selon des experts qui mettent en avant les nombreuses autres possibilités qui s’offrent à eux. Aux États-Unis, «quelque 850 000 établissements manipulent des substances dangereuses ou extrêmement dangereuses, souvent dans des zones urbaines», selon un expert entendu par la Chambre des représentants. «Des terroristes visant à faire un grand nombre de victimes pourraient trouver plus simple de saboter un de ces complexes chimiques plutôt que de se heurter aux difficultés de manipulation d’agents bactériologiques plus complexes», a expliqué Amy Smithson, qui dirige le centre d’études sur les armes chimiques et biologiques du Henry Stimson Center. Également au Congrès, le maire de Baltimore (nord-est) Martin O’Malley s’est déclaré «alarmé de la facilité d’accès à notre système ferroviaire», qui opère largement sans surveillance et traverse des millions d’agglomérations «avec sur nos voies ferrées des citernes de produits chimiques et des wagons de munitions qui constituent nos cibles les plus vulnérables». Sur un plan strictement sanitaire, le secrétaire à la Santé s’est efforcé tout au long de la semaine de rassurer le pays sur l’état de préparation des services publics. Le cas de maladie du charbon lui a permis de vérifier, a-t-il dit, que le système d’alerte avait bien fonctionné. Mais M. Thompson n’a pas convaincu le Congrès que le pays était suffisamment préparé à ce type d’attaques. Les sénateurs, parmi lesquels le démocrate Edward Kennedy (Massachusetts), ont préconisé le déblocage d’un total de trois milliards de dollars de crédits exceptionnels pour former le personnel médical et mieux équiper les laboratoires publics à détecter et à réagir à une attaque biochimique, une manne comparée aux quelque 300 millions du budget du département de la Santé qui avaient été affectés au contrôle des épidémies dans le budget 2001. La réponse au risque posé par ces armes de destruction massive a déjà largement débordé le terrain sanitaire. Dans le milieu agricole, un contrôle renforcé de l’accès aux avions d’épandage a été mis en place pour empêcher des terroristes d’utiliser ces petits appareils pour disperser des agents toxiques. La police a également arrêté plusieurs dizaines de personnes sans lien apparent avec les attentats, mais qui avaient obtenu frauduleusement le permis nécessaire pour le transport de produits dangereux. Placée au premier plan des préoccupations depuis les attentats, la menace bioterroriste était déjà prise très au sérieux auparavant, comme en témoigne un exercice en conditions réelles intitulé «Dark Winter» (hiver sombre), qui mobilisait plusieurs dizaines de hauts responsables américains à la fin juin 2001. Le scénario catastrophe reposait sur un acte terroriste impliquant la dissémination dans le sud des États-Unis du virus de la variole durant l’hiver 2002. Conclusion : «les structures et capacités» du pays ne sont «pas adaptées à gérer une attaque bioterroriste», selon le ANSER (Institute for Homeland Security), co-organisateur de l’exercice, qui soulignait de «graves problèmes de communication entre les autorités fédérales, les États et les autorités locales». Des problèmes qui demeurent: Janet Heinrich, auteur d’un rapport à ce sujet pour le compte du General Accounting Office, le service d’enquête du Congrès, décrivait vendredi un état de préparation «insuffisant au niveau local et étatique, y compris en ce qui concerne la planification en réponse à des attaques de nature terroristes». Face à des situations d’urgence, elle mettait en garde contre «la coordination fragmentée» qui prévaut actuellement.
Le bioterrorisme mobilise sur tous les fronts aux États-Unis où pas un jour ne passe sans de nouvelles déclarations de responsables de la sécurité, politiciens et experts pour mettre en garde contre la menace, d’autant plus inquiétante qu’elle peut revêtir d’innombrables formes. Signe de la nervosité du gouvernement, un cas de maladie du charbon signalé en Floride jeudi a immédiatement fait l’objet d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, où le secrétaire à la Santé Thommy Thompson a écarté tout lien apparent avec une attaque bioterroriste. La victime, un Américain de 63 ans hospitalisé mardi dans un état très grave, est décédé vendredi. La bactérie de la maladie du charbon, connue pour avoir été utilisée à des fins militaires, ou encore les virus de la variole ou de la peste, peuvent se...