Le gouvernement a rendu publiques hier les grandes lignes de son plan de lutte contre le bioterrorisme, qui prévoit notamment un contrôle accru sur l’eau de boisson, un renforcement du système de surveillance et d’alerte sur les maladies infectieuses et des mesures pour accueillir un grand nombre de malades et de blessés. «Le contexte international qui prévaut depuis les attentats du 11 septembre a conduit le gouvernement à renforcer la mobilisation des différentes administrations concernées», a commenté Bernard Kouchner, ministre délégué à la Santé, en dévoilant devant la presse les grands axes de ce plan. «Prévention, surveillance, alerte et intervention en cas de crise» constituent les grands axes de Biotox dont le «budget est autour de 400 millions de francs» (55 millions de dollars), a indiqué le ministre. Il s’agit de «répondre de manière coordonnée au risque», a-t-il commenté. Les différentes mesures concernant le risque biologique ont été arrêtées au terme d’un travail interministériel conduit depuis la fin 1999. «Je ne souhaite pas appuyer trop fort sur la pédale de l’anxiété, sans minimiser les risques», a dit M. Kouchner, en évoquant le «principe de précaution». Au chapitre de la prévention, la sécurité concernant l’eau de boisson et des «sites sensibles», certains sites de production pharmaceutiques notamment, sera renforcée. Des arrêtés ont déjà été publiés pour un meilleur contrôle de la détention et de la circulation de produits biologiques à risque (agent du charbon, de la peste, toxine diphtérique et du botulisme...). Les capacités de réanimation sont renforcées. «Nous disposons actuellement de près de cinq millions de doses en France du vaccin contre la variole», a précisé le professeur Lucien Abenhaïm, directeur général de la Santé. La variole a été officiellement éradiquée de la planète, mais certaines rumeurs font craindre une circulation clandestine du virus en dehors des seules sites officiels autorisés, américain et russe. L’ampleur des attaques terroristes du 11 septembre «nous a conduits à changer d’échelle, à redoubler de précautions», a souligné Jean-Claude Mallet, secrétaire général de la Défense nationale, qui dépend du Premier ministre. «On ne souhaite pas divulguer l’ensemble de nos capacités. En cas de besoin, ces moyens seraient optimisés», s’est-il borné à indiquer, en faisant notamment référence à l’accès aux masques à gaz pour la population. Quant à la question des «détecteurs chimiques, il s’agit de dispositifs expérimentaux», a encore indiqué M. Mallet. Le dispositif d’alerte relève de la mission de surveillance de l’Institut de veille sanitaire. Le signalement des cas repose sur le principe de la déclaration immédiate de toute maladie pouvant nécessiter une intervention sanitaire à l’échelon national ou local. Ce dispositif sera renforcé, avec l’adjonction du charbon dans la liste des maladies à déclaration obligatoire et la distribution de fiches de sensibilisation dans les établissements de santé. Des fiches sur la prise en charge de personnes qui pourraient être exposées à des agents biologiques ou chimiques seront diffusées. Un bilan des médicaments et vaccins nécessaires en cas d’urgence a été dressé. Les fabricants contribueront à mobiliser, si nécessaire, des stocks des principaux antibiotiques utiles. M. Kouchner a également souhaité le développement des recherches sur les vaccins et antidotes qui pourraient être utilisés. La formation et l’information des professionnels de santé, et notamment des urgentistes des SAMU, seront renforcées. «Deux millions de personnes atteintes par la maladie du charbon, c’est inimaginable» en France, a commenté M. Kouchner, mettant en garde contre les scénarios apocalyptiques.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement a rendu publiques hier les grandes lignes de son plan de lutte contre le bioterrorisme, qui prévoit notamment un contrôle accru sur l’eau de boisson, un renforcement du système de surveillance et d’alerte sur les maladies infectieuses et des mesures pour accueillir un grand nombre de malades et de blessés. «Le contexte international qui prévaut depuis les attentats du 11 septembre a conduit le gouvernement à renforcer la mobilisation des différentes administrations concernées», a commenté Bernard Kouchner, ministre délégué à la Santé, en dévoilant devant la presse les grands axes de ce plan. «Prévention, surveillance, alerte et intervention en cas de crise» constituent les grands axes de Biotox dont le «budget est autour de 400 millions de francs» (55 millions de dollars), a indiqué le ministre....