Les enfants se mettent à hurler et à fuir dans tous les sens au bruit des chars israéliens et des tirs de mitrailleuses lourdes, tandis que des tireurs palestiniens ouvrent le feu pour tenter de faire front à l’incursion israélienne dans ce territoire palestinien. Vêtus d’uniformes kaki, les tireurs palestiniens se collent contre les murs dans les allées semées de détritus d’Atatra, un village dans le nord de la bande de Gaza. D’autres rampent pour traverser les jardins et échapper aux chars qui sont entrés mercredi matin en zone autonome palestinienne après une attaque palestinienne qui a fait deux tués dans la colonie juive de Aléi Sinaï. «J’aime le Hamas», affirme un petit garçon aux pieds nus crasseux, âgé de tout juste 8 ans, dans une allusion au groupe radical islamique qui a revendiqué l’attaque contre la colonie du nord de la bande de Gaza qui a fait deux morts israéliens et 15 blessés. «Je dormais quand les chars sont arrivés», raconte Saber, 15 ans, adossé au mur d’une épicerie où spectateurs et soldats viennent s’approvisionner en chocolats ou boissons entre deux échanges de tirs. Peu avant le lever du soleil, Saber et sa mère avaient déjà quitté la maison. «Notre maison est dans le champ de tir. Je ne peux pas y retourner pour récupérer mes affaires d’école», dit-il. Mais personne ne songe à aller à l’école ou au travail, même ceux qui ont encore un emploi après une année d’intifada qui est désastreuse pour l’économie palestinienne. «J’écoute les tirs comme de la musique», explique Hytham, 18 ans, qui, comme d’autres adolescents, est venu à toute vitesse à vélo depuis le camp de réfugiés de Jabalia pour ne rien rater du spectacle. Après 12 mois d’école buissonnière et dans l’incapacité de trouver un travail, il se dit «opposé au meurtre de qui que ce soit». Mais, ajoute-t-il, «les colons méritent ce qui leur arrive, car ils occupent notre terre». Un fusil d’assaut M-16 sur l’épaule, un jeune sniper en tee-shirt vert olive et jean noir court avec son camarade qui, lui, porte un gilet pare-balles. Les deux prennent refuge derrière une maison, sous un déluge de feu. «Je suis un Palestinien qui défend sa terre», affirme le sniper, un professeur d’histoire dans un lycée de Gaza en temps normal. «Je ne peux pas rester les bras croisés et regarder tout ça à la télé», ajoute-t-il. Tirant sur sa cigarette, il raconte que plus tôt, il avait tiré à partir d’une maison vide d’où il pouvait voir quatre tanks et bulldozers israéliens. Commentant la mort des six Palestiniens pendant l’incursion israélienne, il affirme : «Ce sont des martyrs et nous voulons les suivre». À nouveau, les tirs retentissent pendant plus d’une minute. Deux hommes armés soutiennent un des leurs blessés. Les sirènes des ambulances hurlent. Il est 10h du matin. La journée ne fait que commencer.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les enfants se mettent à hurler et à fuir dans tous les sens au bruit des chars israéliens et des tirs de mitrailleuses lourdes, tandis que des tireurs palestiniens ouvrent le feu pour tenter de faire front à l’incursion israélienne dans ce territoire palestinien. Vêtus d’uniformes kaki, les tireurs palestiniens se collent contre les murs dans les allées semées de détritus d’Atatra, un village dans le nord de la bande de Gaza. D’autres rampent pour traverser les jardins et échapper aux chars qui sont entrés mercredi matin en zone autonome palestinienne après une attaque palestinienne qui a fait deux tués dans la colonie juive de Aléi Sinaï. «J’aime le Hamas», affirme un petit garçon aux pieds nus crasseux, âgé de tout juste 8 ans, dans une allusion au groupe radical islamique qui a revendiqué l’attaque...