Le marché automobile, qui reculait déjà aux États-Unis et dans une moindre mesure en Europe avant les attentats, craint une dégradation de la confiance des ménages qui les détournerait des concessions. Aux États-Unis, les ventes de voitures neuves ont chuté de 35 % le 11 septembre comparé à la moyenne des quatre mardis précédents, et de 42 % le vendredi suivant, selon le cabinet d’études JD Power. En Europe, les analystes révisent à la baisse leurs prévisions de marché. Pour Crédit Lyonnais Securities, il est «évident» que «les attentats en Amérique ne manqueront pas de détériorer, au moins momentanément, les marchés automobiles des deux côtés de l’Atlantique». Ses analystes tablent désormais sur un marché européen en baisse de 2,2 % cette année et 1,7 % en 2002. Compte tenu de l’incertitude autour de ces hypothèses, ils ont bâti un scénario plus pessimiste avec des baisses respectives de 4 % et 5 %. Pour les États-Unis, ils tablent sur un recul de 6,3 % cette année et 4,4 % en 2002 (-8,4 % et -6,1 % dans le scénario pessimiste). Les constructeurs les plus affectés devraient être ceux implantés aux États-Unis, et les allemands qui, par leurs exportations, dépendent du marché américain, prévoient-ils. En septembre, les ventes outre-Atlantique de Toyota devraient reculer de 7 % par rapport à un an auparavant, et celles de Nissan de plus de 20 %, a indiqué samedi le quotidien économique japonais Nihon Keizai Shimbun. Le germano-américain DaimlerChrysler a prévenu qu’il risquait ne pas atteindre ses prévisions de bénéfices en 2001. Travail suspendu dans les usines Volkswagen a décidé de suspendre une semaine la production de deux usines allemandes, tandis que Ford-Werke, filiale allemande du géant américain, a décidé de mettre 1 000 employés de son usine de moteurs de Cologne au chômage technique pour la même durée. «Les constructeurs veulent éviter l’accumulation de stocks, donc ils vont ralentir les chaînes de leurs usines», souligne Pierre-Yves Quemener, analyste chez CIC EIFB. «Je parie sur une baisse de la production et des ventes jusqu’au deuxième trimestre 2002 et je vois un redémarrage après». Il table sur un marché automobile européen en baisse de 3 % cette année, au lieu d’un repli de 1 % prévu auparavant. Pour 2002, il prévoit un retrait de 2 % au lieu d’une stabilité. Ford a déjà annoncé une réduction de sa production et révisé en baisse ses prévisions de bénéfices pour le troisième trimestre. En France, il a programmé huit jours de fermeture d’ici à janvier de son usine de Blanquefort (Gironde), qui fabrique des boites de vitesse automatiques pour l’Amérique du Nord. Le salon automobile de Francfort, qui a ouvert ses portes au public juste après les attentats, n’a accueilli que 800 000 visiteurs, 10 % de moins que le précédent, par rapport au record de plus d’un million qui était attendu. Les constructeurs français ne veulent pas s’alarmer. PSA Peugeot Citroën «n’a pas revu ses prévisions ni ses programmes de production et n’a pas constaté d’impact direct sur le niveau des commandes», indique un porte-parole. «À trois mois de la fin 2001, nous pensons qu’une inflexion brutale n’est pas à craindre à ce jour, et nous maintenons nos prévisions d’un marché d’environ 2,2 millions de voitures en France et à un niveau élevé pour l’Europe», indique-t-on chez Renault. «Le maintien d’un sentiment de confiance chez les consommateurs constituera un élément-clé à moyen terme», ajoute-t-on.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le marché automobile, qui reculait déjà aux États-Unis et dans une moindre mesure en Europe avant les attentats, craint une dégradation de la confiance des ménages qui les détournerait des concessions. Aux États-Unis, les ventes de voitures neuves ont chuté de 35 % le 11 septembre comparé à la moyenne des quatre mardis précédents, et de 42 % le vendredi suivant, selon le cabinet d’études JD Power. En Europe, les analystes révisent à la baisse leurs prévisions de marché. Pour Crédit Lyonnais Securities, il est «évident» que «les attentats en Amérique ne manqueront pas de détériorer, au moins momentanément, les marchés automobiles des deux côtés de l’Atlantique». Ses analystes tablent désormais sur un marché européen en baisse de 2,2 % cette année et 1,7 % en 2002. Compte tenu de l’incertitude...