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Actualités - Opinions

IMPRESSION - TABLES RASES -

Après la chute de Constantinople, tous les artistes quittèrent Byzance pour la Toscane. Ainsi commença la Renaissance, avatar d’un premier «choc de civilisations» pour utiliser le nouvel aphorisme obsessionnel de ce millénaire. Sur le Bosphore, l’islam, sa poésie, son évolution remarquable dans le domaine des sciences appliquées, sa répugnance à représenter le réel autrement que par l’abstraction algébrique. Sur l’Arno, Michel-Ange, Léonard, leur somptueuse – présomptueuse ? – et quasi charnelle interprétation de l’humain. Et maintenant, quoi ? Jusqu’à la chute des tours de Manhattan, l’Occident saturé se cherche et cafouille. La mode se mord la queue, puise dans son passé, emprunte au folklore. L’architecture et le design se réfugient dans le confort du zen et du minimalisme, créant des ambiances passe muraille, aussi chatoyantes que les tenues imaginaires du Roi nu. Les arts plastiques, et précisément à Manhattan, sont déboussolés, calquent leur esthétique sur la culture urbaine et se contorsionnent pour choquer à défaut de séduire. Le monde des lettres lui-même est en panne, se nivelle vers le bas et maîtrise mal ses rotatives affolées. C’est sûr, il y a là quelque chose de fini qui refuse de s’arrêter. Seule l’économie, domaine de l’échange par excellence, tient lieu de mode d’expression. Le savaient-ils, ceux qui ont frappé le «Centre Mondial des Échanges»? En détruisant un symbole, ils ont également anéanti un langage. Un lien. Brusquement, les dernières saillies culturelles du monde moderne sont mises à plat, et tout reste à réinventer. De leur côté, les islamistes ont depuis belle lurette renoncé à Satan. De livres, ils n’en ont qu’un. Pas de quoi faire un autodafé. Il y avait bien quelques bouddhas dans les montagnes afghanes et que l’autre humanité prétendait inclure dans son patrimoine. Mal lui en a pris. Dans ces contrées ingrates, Allah se charge du décor, les troupeaux fournissent la mode et, comme disait Kirkegaard : «Le beau est la splendeur du vrai». Quant à la propriété, collective ou privée, elle n’apporte que du plomb dans l’aile. Ainsi, les hommes ne se répandent pas en futilités. Cruellement, dans un monde tout plastique qui s’encroûte dans ses propres scories, le seul acte réellement créatif encore possible était la destruction. Cosmétique de l’ennemi ?, le titre d’Amélie Nothomb était prémonitoire .
Après la chute de Constantinople, tous les artistes quittèrent Byzance pour la Toscane. Ainsi commença la Renaissance, avatar d’un premier «choc de civilisations» pour utiliser le nouvel aphorisme obsessionnel de ce millénaire. Sur le Bosphore, l’islam, sa poésie, son évolution remarquable dans le domaine des sciences appliquées, sa répugnance à représenter le réel autrement que par l’abstraction algébrique. Sur l’Arno, Michel-Ange, Léonard, leur somptueuse – présomptueuse ? – et quasi charnelle interprétation de l’humain. Et maintenant, quoi ? Jusqu’à la chute des tours de Manhattan, l’Occident saturé se cherche et cafouille. La mode se mord la queue, puise dans son passé, emprunte au folklore. L’architecture et le design se réfugient dans le confort du zen et du minimalisme, créant des...