Moisissures, acariens, polluants chimiques : maisons et bureaux où nous passons 80 à 90 % de notre vie recèlent une foule de dangers au moins aussi préoccupants que la pollution extérieure, à en croire les spécialistes réunis à Marseille pour le symposium sur l’allergie «habitat et santé». «Un logement est loin d’être un cocon», souligne l’organisateur du symposium, le Pr Denis Charpin, chef du service de pneumologie de l’hôpital Nord. D’autant que les familles se calfeutrent davantage qu’autrefois, par souci d’économie d’énergie, et que les modes de vie ont changé. Douches fréquentes, cuisson vapeur et linge séché à l’intérieur dans des logements mal aérés favorisent la prolifération de moisissures domestiques, dont certaines «bien connues pour leur pouvoir allergisant et leur responsabilité dans de nombreux cas d’asthme chez l’enfant», selon Nicole Nolard, médecin belge de l’Institut scientifique de santé publique. L’humidité est également incriminée dans le développement des acariens, ces minuscules arachnides qui trouvent abri dans les literies, les peluches ou les moquettes et sont l’ennemi des allergologues. Mais toux et rhinites peuvent aussi être provoquées par les poils de l’animal de compagnie préféré, surtout s’il s’agit d’un chat. Au chapitre des risques domestiques figure encore le monoxyde de carbone. La chaudière à gaz ou la cuisinière laisse échapper son content de ce gaz incolore et inodore pouvant laisser des séquelles neurologiques et qui reste en France une des premières causes de mort toxique. La cheminée elle-même est facteur de pollution, voire la cuisine, sans parler des matériaux utilisés dans la construction. L’amiante auquel sont attribuées tant d’asbestose et autres cancers du poumon est proscrit sous toutes ses formes, comme la ferrure de plomb dans les peintures, responsable du saturnisme infantile, un blocage du développement du système nerveux. Mais combien de logements anciens et insalubres échappent encore à la règle ? Les produits de nettoyage et d’entretien sont aussi soupçonnés de pourrir l’atmosphère, tout comme les solvants pouvant entraîner des troubles neurologiques, les insecticides, certaines colles pour moquettes ou fongicides pour parquets.
Moisissures, acariens, polluants chimiques : maisons et bureaux où nous passons 80 à 90 % de notre vie recèlent une foule de dangers au moins aussi préoccupants que la pollution extérieure, à en croire les spécialistes réunis à Marseille pour le symposium sur l’allergie «habitat et santé». «Un logement est loin d’être un cocon», souligne l’organisateur du symposium, le Pr Denis Charpin, chef du service de pneumologie de l’hôpital Nord. D’autant que les familles se calfeutrent davantage qu’autrefois, par souci d’économie d’énergie, et que les modes de vie ont changé. Douches fréquentes, cuisson vapeur et linge séché à l’intérieur dans des logements mal aérés favorisent la prolifération de moisissures domestiques, dont certaines «bien connues pour leur pouvoir allergisant et leur...
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