Le secrétaire au Foreign Office Jack Straw a affirmé hier la détermination de son pays à agir fermement contre les «terroristes» condamnés en Égypte et résidant en Grande-Bretagne, après les attentats contre les États-Unis et de vives critiques égyptiennes. «Suite aux atrocités du 11 septembre, il y a maintenant une meilleure approche de la part du public et de certains politiciens (britanniques) sur la nécessité de mener une action dure et efficace contre ces gens», a affirmé M. Straw. S’exprimant après un entretien avec le président Hosni Moubarak, M. Straw a indiqué avoir «longuement parlé de la menace terroriste dont l’Égypte a souffert au fil des ans et qu’elle doit encore combattre». Il a indiqué que M. Moubarak lui a fait part de son «inquiétude». «Je comprends parfaitement son inquiétude vis-à-vis du fait qu’il y ait des terroristes, des terroristes condamnés par l’Égypte, qui sont allés vivre au Royaume-Uni, comme ils l’ont fait dans d’autres pays», a déclaré M. Straw. Le chef de la diplomatie britannique a ajouté qu’il avait expliqué à M. Moubarak «les difficultés politiques» qu’il a confrontées lorsqu’il était ministre de l’Intérieur pour «faire adopter une législation» sur l’extradition d’islamistes. L’actuel ministre de l’Intérieur britannique David Blunkett «est déterminé, tout comme le Premier ministre (Tony Blair) et comme je le suis moi-même, à mener de telles actions» contre les extrémistes condamnés dans leur pays et vivant en Grande-Bretagne, a-t-il poursuivi. Le conseiller politique de M. Moubarak, Oussama el-Baz, qui a assisté à l’entretien, a souligné que l’Égypte «n’a pas demandé spécifiquement des extraditions». «Nous avons juste demandé (d’adopter) une certaine politique qui empêcherait ces groupes de fonctionner du Royaume-Uni», a-t-il ajouté. M. Straw a ajouté, pour sa part, que «la convention de l’Onu (sur l’asile politique) n’a jamais été destinée à permettre à des personnes condamnées pour terrorisme ou pour des crimes sérieux d’obtenir l’asile» politique. «Nous devons reconnaître le fait que nos tribunaux ont interprété ces conventions d’une manière qui n’aide pas vraiment», a-t-il déploré. M. Straw a refusé de comparer son pays avec l’Afghanistan, «un pays au régime plutôt barbare» qui est accusé d’offrir un refuge à Oussama Ben Laden, recherché par les États-Unis dans les attentats du 11 septembre. La communauté musulmane À Londres, le gouvernement britannique préparait, sur fond d’union nationale, la communauté musulmane du pays à l’imminence d’une participation à une intervention militaire en Afghanistan. Le Premier ministre Tony Blair a reçu hier à Downing Street les principaux responsables de la communauté musulmane en Grande-Bretagne, forte de deux millions de personnes sur un total de 60 millions d’habitants. Depuis les attentats aux États-Unis, la communauté musulmane britannique a été prise pour cible à plusieurs reprises : deux mosquées ont été incendiées en Angleterre, une troisième attaquée à coups de pierres à Belfast et un chauffeur de taxi d’origine afghane est paralysé de la tête aux pieds après avoir été attaqué. Le Conseil des musulmans de Grande-Bretagne, instance représentant 350 organisations musulmanes, reçoit quotidiennement des courriers électroniques de musulmans demandant du soutien et faisant part de discriminations et d’agressions diverses. Le ministre britannique de la Défense Geoff Hoon a indiqué pour la première fois mercredi que les quelque 23 000 militaires britanniques engagés dans les manœuvres aéronavales «Swift Sword II» à Oman pourraient prendre part à des opérations contre l’Afghanistan. Le gouvernement avait invité les médias à ne pas communiquer d’informations susceptibles de mettre en péril des vies humaines en cas d’opérations militaires, une mise en garde interprétée comme un indice supplémentaire de l’imminence d’une offensive. Sur le front intérieur, les autorités britanniques ont affirmé qu’elles tentaient de repérer en Grande-Bretagne d’éventuels complices des onze pirates de l’air qui ont transité par ce pays avant de commettre les attentats du 11 septembre. «Nous pouvons non seulement reconstituer leurs déplacements (en Grande-Bretagne), mais aussi repérer ceux qui ont collaboré avec eux», a déclaré le ministre de l’Intérieur, David Blunkett. Le FBI a déjà fait parvenir une centaine de demandes d’enquête au Royaume-Uni, selon Scotland Yard, qui a également reçu 3 600 appels des Britanniques.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secrétaire au Foreign Office Jack Straw a affirmé hier la détermination de son pays à agir fermement contre les «terroristes» condamnés en Égypte et résidant en Grande-Bretagne, après les attentats contre les États-Unis et de vives critiques égyptiennes. «Suite aux atrocités du 11 septembre, il y a maintenant une meilleure approche de la part du public et de certains politiciens (britanniques) sur la nécessité de mener une action dure et efficace contre ces gens», a affirmé M. Straw. S’exprimant après un entretien avec le président Hosni Moubarak, M. Straw a indiqué avoir «longuement parlé de la menace terroriste dont l’Égypte a souffert au fil des ans et qu’elle doit encore combattre». Il a indiqué que M. Moubarak lui a fait part de son «inquiétude». «Je comprends parfaitement son inquiétude...