Le marché britannique des assurances Lloyd’s chiffre à près de deux milliards de dollars le coût, pour ses membres, des attentats aux États-Unis, soit le montant le plus élevé jamais déboursé par les Lloyd’s, qui estiment toutefois pouvoir faire face. Les Lloyd’s, qui fonctionnent sous la forme d’un marché regroupant 108 groupements, ont indiqué mercredi tabler sur un coût de 1,3 milliard de livres sterling, soit 2,078 milliards d’euros ou 1,9 milliard de dollars. Ce montant est supérieur au précédent record de 929 millions de livres, déboursés pour couvrir les dommages liés à l’ouragan Hugo en 1989, a précisé une porte-parole des Lloyd’s. Cette institution, qui a connu il y a dix ans la plus grave crise de ses trois cents ans d’histoire, a toutefois assuré pouvoir face. Bien qu’un montant de cette ampleur «aura un impact significatif sur le marché des Lloyd’s», sa solidité financière «lui permettra d’absorber les pertes», a déclaré le président des Lloyd’s, Saxon Riley. Pour justifier sa confiance, il cite «la taille de nos actifs» (27 milliards de dollars), «la répartition des pertes et la capacité de résistance de nos programmes de réassurances». Au lendemain des attentats, les Lloyd’s avaient reconnu leur «implication importante» dans l’assurance des compagnies aériennes United Airlines, American Airlines, dont les avions ont servi de bombes volantes, et des tours jumelles du World Trade Center à New York. «Parvenir à une estimation pour un marché aussi complexe que les Lloyd’s demande plus de temps que s’il s’agissait d’une simple compagnie d’assurances, notamment au regard d’une situation qui change rapidement», a déclaré Saxon Riley. Le montant annoncé mercredi n’a pas surpris les analystes. «Cela semble vraisemblable, au regard des chiffres donnés par d’autres grands assureurs tels que Swiss Re (1,38 milliard d’euros)», a déclaré Charles Landa, analyste chez SG Securities. Mais selon lui, «les Lloyd’s survivront». «Il est toutefois logique de supposer que les plus faibles des groupements rencontreront de sérieuses difficultés», a-t-il ajouté. Les Lloyd’s sont en fait un marché où se rencontrent 108 groupements d’assureurs, dont les capitaux proviennent d’entreprises et de particuliers (les Names). Lloyd’s, créées en 1688, a d’abord prospéré sur le marché de l’assurance maritime. Il s’est ensuite diversifié et assure – ou réassure – dans la plupart des domaines, des lancements de satellites jusqu’aux doigts d’un pianiste. Il a frôlé la faillite il y a dix ans en raison d’une série de catastrophes (ouragans, incendie de la plate-forme pétrolière Piper Alpha...), mais aussi des indemnisations versées aux États-Unis aux travailleurs victimes de l’amiante. Ses pertes sont estimées à 8 milliards de livres de 1988 à 1992. De nombreux Names, des particuliers qui avaient gagé leur fortune, ont tout perdu et plusieurs se sont même suicidés. Depuis, les Lloyd’s ont changé : les membres les plus faibles ont tiré leur révérence, et surtout, la part des capitaux provenant des entreprises a nettement augmenté, au détriment de la part des particuliers. Les entreprises, notamment de grands groupes d’assurances, représentent à présent 80 % des capitaux garantis. Les Lloyd’s bénéficient également d’une amélioration des conditions du marché de la réassurance notamment, qui a pu imposer une forte hausse de ses primes. Pour l’ensemble de l’industrie de l’assurance, les analystes estiment entre 30 et 40 milliards de dollars le coût des attentats aux États-Unis, pulvérisant ainsi le record des 20 milliards de dollars liés à l’ouragan Andrew en 1992. Mais «c’est ce type d’événement qui justifie l’existence de ce secteur», souligne Charles Landa.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le marché britannique des assurances Lloyd’s chiffre à près de deux milliards de dollars le coût, pour ses membres, des attentats aux États-Unis, soit le montant le plus élevé jamais déboursé par les Lloyd’s, qui estiment toutefois pouvoir faire face. Les Lloyd’s, qui fonctionnent sous la forme d’un marché regroupant 108 groupements, ont indiqué mercredi tabler sur un coût de 1,3 milliard de livres sterling, soit 2,078 milliards d’euros ou 1,9 milliard de dollars. Ce montant est supérieur au précédent record de 929 millions de livres, déboursés pour couvrir les dommages liés à l’ouragan Hugo en 1989, a précisé une porte-parole des Lloyd’s. Cette institution, qui a connu il y a dix ans la plus grave crise de ses trois cents ans d’histoire, a toutefois assuré pouvoir face. Bien qu’un montant de cette...