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Actualités - Chronologies

L’échiquier diplomatique mondial bouleversé

Au-delà du cataclysme qui a frappé les États-Unis, la plus grande attaque terroriste de l’histoire provoque une onde de choc sur l’échiquier diplomatique mondial. Symbole de ces bouleversements nés des décombres fumants des tours du World Trade Center (WTC) rasées par l’explosion d’avions de ligne pilotés par des terroristes kamikazes, la traditionnelle session automnale de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies a été reportée «sine die». Prévue à partir du 24 septembre au siège de l’Onu, situé comme le WTC dans la presqu’île de Manhattan, à New York, cette traditionnelle grand-messe des dirigeants de la planète devait être ouverte par le président américain George W. Bush et s’achever le 5 octobre. La session annuelle est reportée «à une date ultérieure» qui sera décidée en consultation avec les États-Unis et les autres pays membres. Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement ainsi qu’une centaine de ministres des Affaires étrangères devaient y assister. L’Onu n’a pas fourni d’explication officielle. Mais des dirigeants de l’organisation ont indiqué que les autorités américaines n’étaient pas en mesure d’assurer la sécurité. Plusieurs autres réunions internationales avaient précédemment été annulées ou reportées après les attentats, qui ont fait, selon un bilan provisoire, près de six mille tués et disparus et des milliers de blessés. C’est le cas des assemblées générales du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, prévues fin septembre à Washington, tout comme du sommet de l’Onu sur l’enfance prévu du 19 au 21 septembre à New York. Mais les attentats ont aussi amené des changements dans les relations entre États, voire au sein de certains d’entre eux, comme en France et en Allemagne où les campagnes électorales ont été mises entre parenthèses. Pour la première fois, les membres de l’Otan, qui réunit les alliés européens des États-Unis et le Canada, ont mis en application l’article 5 de la charte de l’Atlantique Nord. Pierre angulaire de cette alliance, il prévoit qu’une agression contre l’un des États membres équivaut à une agression contre les autres alliés. Soutenus à l’unanimité par leurs partenaires, les États-Unis ont dû aussi enregistrer les nuances à ce soutien, plusieurs pays, notamment la France, l’Allemagne et l’Espagne, refusant de se laisser entraîner dans une logique de guerre. La relative fragilité, au moins au plan formel, d’une alliance de nations démocratiques est aussi illustrée par la nécessité d’obtenir l’accord des Parlements nationaux pour participer à de telles opérations, comme la France l’a fait valoir mardi. Les attentats de New York et de Washington ont aussi amené le président Bush, qui était apparu après sa prise de fonctions comme un nostalgique de la guerre froide, à réexaminer la politique américaine au Proche-Orient. Alors qu’il avait clairement pris partie en faveur d’Israël, M. Bush enregistre aujourd’hui le soutien du président palestinien Yasser Arafat, qui traduit une inflexion de la politique proche-orientale des États-Unis. Les attentats ont aussi d’ores et déjà amené des inflexions sur les relations de Washington avec la Russie et la Chine. La Russie, qui lutte aussi contre le terrorisme et mène une véritable guerre en Tchétchénie, a certes apporté son soutien aux États-Unis et donné un feu vert implicite à une riposte de Washington contre l’Afghanistan. Mais elle est aussi très réticente sur un emploi par les troupes américaines ou de l’Otan des bases russes et dans les ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, et a exclu de participer à une opération au côté des Américains. Également diabolisée par M. Bush, la Chine a profité du coup porté au cœur de la puissance américaine pour faire entendre sa voix en lançant ses rituels appels à la «modération» et à la «prudence» et en réclamant notamment la saisine du Conseil de sécurité de l’Onu dont elle est membre permanent.
Au-delà du cataclysme qui a frappé les États-Unis, la plus grande attaque terroriste de l’histoire provoque une onde de choc sur l’échiquier diplomatique mondial. Symbole de ces bouleversements nés des décombres fumants des tours du World Trade Center (WTC) rasées par l’explosion d’avions de ligne pilotés par des terroristes kamikazes, la traditionnelle session automnale de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies a été reportée «sine die». Prévue à partir du 24 septembre au siège de l’Onu, situé comme le WTC dans la presqu’île de Manhattan, à New York, cette traditionnelle grand-messe des dirigeants de la planète devait être ouverte par le président américain George W. Bush et s’achever le 5 octobre. La session annuelle est reportée «à une date ultérieure» qui sera...