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Actualités - Chronologies

Arafat a retenu les leçons de la guerre du Golfe

L’offre du président palestinien Yasser Arafat, mardi, de se joindre à la coalition antiterroriste que Washington tente de mettre sur pied montre qu’il a retenu la dure leçon de la guerre du Golfe. À l’époque, M. Arafat avait pris le parti de l’Irak contre les États-Unis, une décision qu’il avait ensuite payée très cher politiquement. Plus de dix ans après, il a cette fois fait le choix opposé, annonçant qu’il mettait «toutes (ses) capacités à (la) disposition» des États-Unis et les assurant qu’il était «prêt à prendre part à une alliance internationale en vue de mettre fin au terrorisme contre des civils innocents». Dans la pratique, la contribution de l’Autorité palestinienne à la «croisade» antiterroriste que veut lancer le président George W. Bush ne sera évidemment pas de nature militaire, ni même matérielle. Cette contribution, de nature politique, tient d’abord dans l’annonce même faite par M. Arafat, qui pourrait aider les pays arabes modérés à se joindre à l’alliance américaine, et aussi dans sa volonté réaffirmée de faire respecter un cessez-le-feu absolu avec les Israéliens. Jusqu’à maintenant, les pays arabes, y compris les plus modérés, se montrent réticents face à l’initiative américaine. Au sein même de la population palestinienne, la prise de position de M. Arafat fera sans doute grincer quelques dents, compte tenu de l’énorme impopularité des États-Unis, qui s’était traduite par plusieurs réactions de joie spontanées dans les Territoires le 11 septembre à l’annonce des attentats sur le sol américain. «Nous sommes confrontés à une agression conjointe américano-israélienne contre notre peuple», affirmait ainsi récemment le chef du Fateh (mouvement de M. Arafat) en Cisjordanie, Marwan Barghouthi, pour expliquer ces réactions. «Nous sommes les victimes des Américains», disait-il. «Les Américains sont les parrains du terrorisme dans le monde, parce qu’ils soutiennent les Israéliens», ajoutait-il. Que M. Arafat, dans de telles conditions, prenne le risque de donner sa bénédiction à une initiative américaine aussi controversée en dit long sur ses priorités et sa situation politique. « Une question de survie » Depuis le 11 septembre et les attentats qui ont provoqué la révulsion du monde contre tout ce qui s’apparente à des attaques aveugles contre des civils, le président palestinien se trouve, en effet, le dos au mur. Le gouvernement israélien d’Ariel Sharon a enfoncé le clou en le comparant systématiquement au suspect numéro un de ces attentats, Oussama Ben Laden, dans l’espoir de convaincre Washington que la lutte contre le terrorisme dans le monde passait aussi par une lutte sans merci contre M. Arafat. L’objectif de M. Sharon était double : d’une part, le marginaliser politiquement et lui retirer sa légitimité aux yeux de la communauté internationale, de l’autre, avoir les coudées franches pour intensifier l’offensive militaire. Pour M. Arafat, se trouver du bon côté de la barrière constitue donc rien moins qu’une «question de survie», explique Khalil Chikaki, un analyste palestinien indépendant basé à Ramallah (Cisjordanie). «Il a beaucoup appris de la position qu’il avait prise durant la guerre du Golfe», poursuit-il. «Tout indique qu’il a retenu la leçon et qu’il veut s’assurer qu’il n’est pas isolé», ajoute-t-il. C’est dans ce même but que M. Arafat a réitéré avoir donné l’ordre à ses forces de sécurité de faire respecter un cessez-le-feu «sur tous les fronts, dans toutes les villes et tous les villages» et de «faire preuve du maximum de retenue face à l’agression et aux attaques israéliennes». Il s’agit là de son engagement le plus ferme depuis le début de l’intifada en faveur d’un arrêt des combats. L’armée israélienne a déjà annoncé avoir suspendu toutes ses «opérations offensives» contre les Palestiniens. Si, côté palestinien, les paroles de M. Arafat sont suivies d’effet, cela ouvrira la voie à la rencontre tant attendue avec le chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres, puisque M. Sharon a posé comme condition à cette rencontre un arrêt total des attaques palestiniennes pendant 48 heures. Or, cette rencontre Arafat-Peres, destinée à aboutir à un véritable cessez-le-feu, constitue l’un des objectifs prioritaires de Washington, dans la mesure où elle constituerait un message fort pour le monde arabe.
L’offre du président palestinien Yasser Arafat, mardi, de se joindre à la coalition antiterroriste que Washington tente de mettre sur pied montre qu’il a retenu la dure leçon de la guerre du Golfe. À l’époque, M. Arafat avait pris le parti de l’Irak contre les États-Unis, une décision qu’il avait ensuite payée très cher politiquement. Plus de dix ans après, il a cette fois fait le choix opposé, annonçant qu’il mettait «toutes (ses) capacités à (la) disposition» des États-Unis et les assurant qu’il était «prêt à prendre part à une alliance internationale en vue de mettre fin au terrorisme contre des civils innocents». Dans la pratique, la contribution de l’Autorité palestinienne à la «croisade» antiterroriste que veut lancer le président George W. Bush ne sera évidemment pas de nature...