L’enquête se focalise sur un noyau de suspects étrangers actuellement soumis aux interrogatoires des agents fédéraux qui cherchent à déterminer si d’autres détournements d’avions, du type de ceux perpétrés le 11 septembre, étaient en préparation.Selon le FBI, qui distille au compte-gouttes des informations dans la presse américaine, il s’agirait de cinq hommes, dont certains ont été arrêtés avant les attentats, alors qu’ils semblaient se préparer à des attaques similaires. L’un d’eux, un ressortissant français Habib Zacarias Moussaoui, est détenu par les services américains de l’immigration dans le Minnesota depuis le 17 août. Selon le Washington Post, il a été arrêté après avoir essayé de suivre des cours de pilotage sur avion de ligne dans une école proche de Minneapolis, en dépit de son manque d’expérience en la matière. Le quotidien précise qu’il s’intéressait tout particulièrement à la manipulation du manche en vol mais pas aux atterrissages. Selon les enquêteurs, sept des dix-neuf pirates de l’air présumés, dont la liste a été rendue publique par le FBI, auraient suivi des cours de pilotage. L’un d’eux, Mohammed Atta, 33 ans, aurait même été testé sur un simulateur de vol de Boeing 727. Moussaoui, selon le journal français L’Indépendant, est né le 31 mai 1968 à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques). Il est fiché depuis 1999 au contre-espionnage français (DST). À la suite des attentats du 11 septembre, le FBI a demandé à la France des renseignements sur cet homme qui s’est rendu plusieurs fois en Afghanistan, pays qui abrite le milliardaire séoudien Oussama Ben Laden, soupçonné d’être le commanditaire des attentats contre les États-Unis. Outre Moussaoui, deux autres hommes, Ayoub Ali Khan et Mohammed Jawid Azmath, ont été interceptés par le FBI dans un train au Texas alors qu’ils étaient en possession de boîtes contenant des cutters identiques à ceux apparemment brandis par les pirates, selon des témoignages de passagers qui ont téléphoné à leurs proches avant de mourir. Enfin, deux suspects subissent actuellement les interrogatoires du FBI, l’un pour avoir été en possession d’un uniforme de pilote de ligne, l’autre pour avoir tenté de forcer la sécurité de l’aéroport Kennedy à New York avec une fausse carte d’identité de pilote dissimulée dans une chaussette. «D’autres attaques étaient en préparation. Mais tous les vols qui étaient visés (par les pirates) n’ont pas été pris», affirme le professeur Peter Crooks, ancien agent spécial du FBI, spécialisé dans la lutte antiterroriste. Pour cet universitaire, qui enseigne à la Southern Connecticut State University, à New Haven (est), «les enquêteurs continuent d’interroger ces gens et d’autres qui les connaissaient sans connaître leurs activités». De son côté, le New York Times révélait hier que les enquêteurs américains étudient la possibilité d’un lien entre les auteurs des attentats et un groupe du réseau Ben Laden qui projetait des attaques terroristes en Jordanie fin 1999. Ce lien concerne deux des pirates de l’air, Ahmed al-Ghamdi et Satam as-Souqami, et un ancien chauffeur de taxi de Boston, Raëd Hijazi, Jordanien d’origine palestinienne qui détient la nationalité américaine, condamné à mort par contumace en Jordanie. Le lien entre les pirates de l’air et Hijazi serait la première preuve concrète de l’implication de proches collaborateurs de Ben Laden dans ces attentats. Le chef du FBI, Robert Mueller, a indiqué lundi que quarante-neuf personnes étaient détenues dans le cadre de l’enquête aux États-Unis par les services de l’immigration. Les cinq principaux suspects font partie de ce contingent. La liste des personnes recherchées par le FBI dans le cadre de l’enquête compte plus de 170 noms, selon un responsable du FBI s’exprimant sous couvert d’anonymat.
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