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Actualités - Chronologies

Le travail reprend au milieu des cendres

Le vrombissement des générateurs électriques est assourdissant, le soleil est voilé par les nuages de cendre et la police barre chaque carrefour : pourtant, en tailleur ou costume cravate, les boursiers de Wall Street sont déterminés à refaire tourner le cœur mondial de la finance. Hier matin, courtiers, gestionnaires de fonds, employés de bureau et secrétaires reprenaient le travail dans un district financier qui semblait avoir été bombardé. Canalisé depuis la sortie du métro de City Hall, la foule s’arrête un instant sur Nassau Street : à quelques dizaines de mètres, subsiste la carcasse toujours fumante d’une des tours jumelles détruites dans les attentats du 11 septembre. «Montrez vos cartes professionnelles et une pièce d’identité», crie dans un mégaphone un policier qui barre Wall Street, réservée à ceux y travaillant. Comme beaucoup, il porte un masque filtrant un air âcre, saturé de poussière et de cendre. Dans la rue, on entend souvent tousser. «Je me sens bien. Nous avons une obligation de montrer au monde que nous sommes forts», souligne Jack Villacis, employé d’une société de services financiers. La bannière étoilée qu’il a accrochée à son sac en bandoulière jette une touche de couleurs sur son costume sombre et rappelle, s’il le fallait encore, que ce lundi n’est pas un jour comme les autres. Au 11 Wall Street, les colonnes de la façade néoclassique du Stock Exchange disparaissent presque sous un immense drapeau américain. Un peu plus loin, l’antenne new-yorkaise de la Réserve fédérale est festonnée de cocardes tricolores. À chaque carrefour, sont installés des projecteurs autonomes. Le long des rues, d’innombrables câbles noirs sortent des semi-remorques générateurs pour apporter l’électricité indispensable à la renaissance d’un quartier financier vorace de kilowatts et de gigabits. Le bruit de leur moteur rivalise avec celui des marteaux piqueurs qui rappellent qu’à quelques rues, les sauveteurs tentent toujours de retrouver des survivants à l’attentat le plus meurtrier de l’histoire. «J’ai beaucoup d’appréhension mais nous devons aller de l’avant et nous montrer forts», insiste aussi Karen Altfest, vice-présidente d’une société de gestion de fonds de retraite qui porte son nom. «Nos bureaux sur John Street n’ont ni électricité, ni téléphone, ni ordinateurs», dit cette femme d’affaires sexagénaire. Dès 08h00, ses 14 employés étaient convoqués pour une réunion de crise. Une partie devait ensuite partir vers d’autres bureaux trouvés plus au nord de Manhattan. Les yeux rouges depuis que des éclats de verre les ont blessés lors de l’attentat, Jonhatan Frey va chez ses rivaux. Le bâtiment de l’American Stock Exchange, où il travaillait, est inutilisable et cette Bourse a été accueillie par sa concurrente du New York Stock Exchange. Peu importe si les marchés chutent, «nous devons donner confiance. Le pire c’est de ne rien faire», dit ce faiseur de marché qui s’attend à une rude journée. Campé sur les marches du prestigieux hôtel The Regent, au cœur de Wall Street, son directeur Christopher Knable ne cache pas sa joie de voir le quartier revivre. «Nous espérons rouvrir vendredi, mais il y a tellement à nettoyer. Il y a de la suie et des cendres partout», dit-il. Toute la semaine dernière, il a ouvert ses portes aux sauveteurs qui fouillent les débris, leur donnant accès aux salles de bains et tenant un buffet à leur disposition. Autour de lui, les rues s’animent. «J’étais impatient de reprendre le travail», dit Matt, qui s’attend lui aussi à des heures difficiles au Stock Exchange où «la seule chose certaine, c’est que la cloche sonne à 09h30».
Le vrombissement des générateurs électriques est assourdissant, le soleil est voilé par les nuages de cendre et la police barre chaque carrefour : pourtant, en tailleur ou costume cravate, les boursiers de Wall Street sont déterminés à refaire tourner le cœur mondial de la finance. Hier matin, courtiers, gestionnaires de fonds, employés de bureau et secrétaires reprenaient le travail dans un district financier qui semblait avoir été bombardé. Canalisé depuis la sortie du métro de City Hall, la foule s’arrête un instant sur Nassau Street : à quelques dizaines de mètres, subsiste la carcasse toujours fumante d’une des tours jumelles détruites dans les attentats du 11 septembre. «Montrez vos cartes professionnelles et une pièce d’identité», crie dans un mégaphone un policier qui barre Wall Street, réservée à...