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Actualités - Chronologies

Washington évalue ses moyens pour une longue opération multifronts

Washington veut renforcer sa panoplie de moyens pour combattre le terrorisme international sur plusieurs fronts : classiques pour frapper des États soutenant les terroristes, et «non conventionnels», comme forces spéciales et services de renseignements, pour débusquer ces terroristes. Ce type de conflit défensif et offensif sera prolongé et mené à plusieurs niveaux «politique, économique, diplomatique, militaire», a indiqué dimanche le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. L’Administration a répété dimanche que les États fournissant un soutien aux réseaux terroristes seraient frappés : «Ils doivent comprendre que s’ils fournissent des sanctuaires aux terroristes, ils feront face aux foudres de l’Amérique», a déclaré le vice-président Dick Cheney. S’ils n’arrêtent pas, «nous n’aurons pas d’autre choix (...) nous y mettrons nous-mêmes un point final», a dit M. Rumsfeld. Les États-Unis peuvent, selon lui, attaquer des objectifs «durs» dans ces pays : «Certains pays qui les abritent ont des actifs de choix, ils ont des capitales, des armées». Iran, Irak, Libye, Soudan, Syrie, Corée du Nord et Cuba sont sur la liste des États que Washington accuse officiellement de soutenir le terrorisme en général. Il convient d’y rajouter l’Afghanistan, menacé pour son soutien prolongé à l’islamiste Oussama Ben Laden que le président George W. Bush a désigné samedi comme suspect principal des attentats de New York et Washington. Pour des frappes classiques, le Pentagone, qui dispose de quelque 265 000 militaires sur des bases et des navires de par le monde, peut choisir les missiles de croisière, comme les Tomahawks lancés en 1993 contre Bagdad, puis sur le Soudan et l’Afghanistan en 1998. Cependant, a relevé le chef du Pentagone, «les terroristes n’ont pas de villes avec des richesses importantes», et la lutte sera difficile car le réseau al Qaeda de Ben Laden est ramifié sur 60 pays : il ne suffira donc pas, selon lui, «de lancer quelques missiles de croisière pour que les gens puissent le voir à la télévision». Pour d’éventuelles opérations au sol, les forces spéciales seront aux premières loges. Le nombre de ces hommes surentraînés est estimé à moins de 50 000. Parmi eux les commandos d’élite de l’armée de terre (Rangers), de la marine (Navy-Seals), de l’aviation (Special Units) et ceux des Marines, ainsi que des unités clandestines, comme le groupe antiterrroriste Delta Force. Leur financement par le Congrès – 3,3 milliards de dollars l’an dernier – devrait nettement augmenter cette année. La riposte sera aussi «non conventionnelle» et elle s’étalera «plutôt sur des années que des mois ou des semaines», selon M. Rumsfeld. Une priorité sera ainsi la lutte contre le financement clandestin des activités des organisations terroristes, a-t-il noté. Elle passera par le renforcement des moyens humains et en matière d’écoutes électroniques du renseignement militaire et civil, après l’échec catastrophique du 11 septembre. L’agence centrale de renseignements (CIA) est déjà autorisée depuis 1998 par la Maison-Blanche à user de moyens clandestins pour anticiper des actions planifiées par Ben Laden et autres réseaux, a reconnu un responsable américain sous le couvert de l’anonymat. Une question revient sur le tapis : autoriser à nouveau les assassinats de dirigeants étrangers, interdits il y a un quart de siècle par Gerald Ford. Le sénateur Richard Shelby l’a expressément demandé. L’Administration va enfin demander au Congrès des «outils» juridiques supplémentaires pour lutter contre le terrorisme, notamment pour autoriser les écoutes téléphoniques, a déclaré dimanche le ministre de la Justice John Ashcroft.
Washington veut renforcer sa panoplie de moyens pour combattre le terrorisme international sur plusieurs fronts : classiques pour frapper des États soutenant les terroristes, et «non conventionnels», comme forces spéciales et services de renseignements, pour débusquer ces terroristes. Ce type de conflit défensif et offensif sera prolongé et mené à plusieurs niveaux «politique, économique, diplomatique, militaire», a indiqué dimanche le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. L’Administration a répété dimanche que les États fournissant un soutien aux réseaux terroristes seraient frappés : «Ils doivent comprendre que s’ils fournissent des sanctuaires aux terroristes, ils feront face aux foudres de l’Amérique», a déclaré le vice-président Dick Cheney. S’ils n’arrêtent pas, «nous n’aurons...