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Actualités - Chronologies

Union Square : mémorial improvisé - pour les victimes du WTC

Une grande bougie de plâtre, des fleurs et des chandelles éparpillées, des milliers de messages griffonnés sur des feuilles de papier brun scotchées au sol : Union Square s’est transformé en mémorial improvisé pour les victimes du World Trade Center. Depuis les attentats de mardi, ce petit square carré est une impasse pour les New-Yorkais qui ne peuvent descendre plus au sud, une zone réservée aux équipes de secours. Peu à peu, l’esplanade faisant face à la statue équestre de George Washington s’est transformée en autel pour les milliers de victimes. Au centre, une bougie en plâtre de 2,50 m est couronnée d’une flamme en fil de fer; roses, marguerites ou chrysanthèmes jonchent le pavé, entourant un petit drapeau américain. Le parfum des bougies chasse l’odeur de brûlé portée par le gros nuage gris qui surplombait toujours hier matin, plus de 48 heures après l’attentat, le World Trade Center. De longues feuilles de papier brun collées au sol sont couvertes de petits messages, poèmes, slogans, prières ou témoignages en toutes les langues qui montrent le désarroi, l’incompréhension et la violence du choc éprouvé par les habitants de New York. Passants et touristes les lisent en silence, indifférents au vacarme alentour des embouteillages, sirènes de police et camions de livraison qui encombre Manhattan après deux jours de bouclage de l’île. «Celui qui s’attaque à ma famille, à mes amis ou à mes proches devrait crever», écrit rageusement Marianne. «La violence entraîne la violence», lui répond une main anonyme. Aux messages de «paix» et «amour», répondent des appels à la vengeance. «Il faut faire de l’odeur de la haine un parfum de paix éternel», écrit quelqu’un, juste à côté d’un appel plus lapidaire : «Pour ceux qui crient justice, appeler 1-800-GO-NAVY», le numéro pour s’enrôler dans la marine. Des photos de personnes portées disparues s’intercalent : tout sourire sur un cliché, Marina Gertsberg, qui travaillait au 101e étage d’une des tours, n’a pas donné de nouvelles; pas plus que Tamitha Freeman, qui pose fièrement aux côtés de son mari et travaillait pour ADN Corp dans la tour numéro 2. Marcia Myrie colle sur le sol un «poème de deuil» dédié au cousin de son amie Anne, Lester Marino, 57 ans, dont les bureaux étaient au 105e étage. «Son employeur, Forrest Electric, nous a dit hier qu’il fallait maintenant le considérer mort», sanglote Anne. Dans ce square où Andy Wharol avait ses studios, Amir, Jasmin et Chris ont organisé un happening artistique : deux colonnes de papier symbolisent les tours disparues, surplombées d’un avion d’aluminium d’où tombent des pierres. À genoux, deux employées municipales grattent les traces de cire laissées la nuit précédente par les milliers de bougies consumées lors de la veillée de recueillement qui se répète désormais chaque soir. Près de la photo d’un disparu, un proche parle pour tous les New-Yorkais : «Aujourd’hui, je ne ressens qu’un grand vide. Une immense peine va suivre. Ma vie est changée pour toujours».
Une grande bougie de plâtre, des fleurs et des chandelles éparpillées, des milliers de messages griffonnés sur des feuilles de papier brun scotchées au sol : Union Square s’est transformé en mémorial improvisé pour les victimes du World Trade Center. Depuis les attentats de mardi, ce petit square carré est une impasse pour les New-Yorkais qui ne peuvent descendre plus au sud, une zone réservée aux équipes de secours. Peu à peu, l’esplanade faisant face à la statue équestre de George Washington s’est transformée en autel pour les milliers de victimes. Au centre, une bougie en plâtre de 2,50 m est couronnée d’une flamme en fil de fer; roses, marguerites ou chrysanthèmes jonchent le pavé, entourant un petit drapeau américain. Le parfum des bougies chasse l’odeur de brûlé portée par le gros nuage gris qui...