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Actualités - Analyses

Le processus d’échanges de vue actuellement suspendu

Les grandes causes produisent à distance toute une kyrielle d’effets relativement mineurs. Ainsi les frappes terroristes sur le World Trade Center de Manhattan et sur le Pentagone, qui ont secoué le monde, ébranlent ici même le processus de dialogue avec la Syrie articulé autour de la mission Boutros. Des sources informées croient en effet savoir que les contacts sont suspendus, le temps que se dissipent les fumées de l’écroulement des deux tours new-yorkaises. Pour qu’on y voie plus clair, sur tous les plans. Et que l’on sache, notamment, quelles options les Américains vont adopter par rapport au processus de paix régional. Mais aussi par rapport aux différentes donnes concernant chacun des protagonistes de cette partie du monde. Cependant, ces mêmes sources indiquent que l’ancien ministre, faute d’aller derechef à la rencontre du président Assad, devra pendant le temps mort imposé compléter ses concertations locales. Tant avec les présidents qu’avec le patriarche Sfeir. Il consignerait soigneusement leurs avis comme leurs remarques sur les points à débattre avec le chef de l’État syrien. Pour en faire sinon la synthèse, du moins l’un des vecteurs de sa thématique. Dont il prend soin, en diplomate expérimenté, de ne divulguer que les grandes lignes, pour éviter les complications, ou les tiraillements, qu’une médiatisation inopportune pourrait entraîner. Une attitude qui ne doit pas lui coûter beaucoup d’efforts, car M. Boutros, qui est également un juriste de renom, a toujours été connu pour savoir peser ses mots. Quoi qu’il en soit, l’ancien ministre pense, indépendamment de tout argumentaire concernant le dossier de fond, qu’il n’existe qu’une seule et unique voie pour arriver à bonne fin. À savoir parler avec le président Assad. Il n’y a pas d’autre canal, estime le diplomate, menant à l’assainissement effectif des relations libano-syriennes. À son avis, si le dialogue direct avec le sommet de la pyramide syrienne devait échouer, il deviendrait très difficile d’améliorer les rapports bilatéraux pour les rendre vraiment privilégiés. Répétons-le, M. Boutros s’abstient de livrer au marché de l’opinion ou de la politique la teneur du document de travail qu’il élabore dans la perspective de son dialogue avec le président Assad. Il ne ferait publiquement état des vues qu’il aurait développées qu’au terme de sa mission. En cas de réussite, il aurait couronné sa fertile carrière par un service insigne rendu à la nation. Qui peut, il faut le dire, se féliciter de ce que nombre de ses fils les plus éminents n’hésitent pas devant l’appel du devoir. Au stade actuel, M. Boutros reste sur l’impression positive que lui a laissée sa récente rencontre avec M. Assad. Qui aurait manifesté une disposition certaine à n’éluder aucun des problèmes relationnels qui se posent aux deux pays. Mais, bien évidemment, si le processus d’échanges devait reprendre – ce qui n’est pas encore garanti –, la même question-clé continuerait à se poser : Qu’en est-il du redéploiement des forces syriennes cantonnées au Liban ? Ce sujet, on le sait, est à la base des frictions opposant une partie des Libanais à Damas comme au pouvoir et aux loyalistes locaux. Dans la même optique, le débat porte, en aval, sur les positionnements précis après un éventuel repli. Comme sur les délais précédant un retrait total, qui pourraient du reste se trouver liés à l’évolution de la situation régionale. En corollaire, il faudrait également une entente sur le déploiement de l’armée libanaise dans la zone frontalière Sud, en coordination avec les différentes parties concernées. Ainsi qu’un accord avec l’Onu sur la durée de présence de la Finul. Que l’on menace de retirer, pour faire pression sur le Liban afin qu’il se décide à envoyer ses réguliers en première ligne. On le sait, toutes ces questions sont interdépendantes. Il faudrait donc les traiter comme un package deal. Ce qui signifie que le Liban doit aussi parler avec la Syrie de l’Onu. Tout comme il doit soulever le problème des protocoles conclus antérieurement avec Damas et de la nécessité d’en amender certains, pour mieux servir l’intérêt mutuel, sinon commun, des deux pays. Enfin et peut-être surtout, il resterait la question délicate de la normalisation politique intérieure. C’est-à-dire de l’élaboration d’une loi électorale saine, équilibrée, égalitaire. Qui assurerait une vraie représentation des Libanais de tous horizons, sans plus de vrais-faux élus parachutés. Ce qui signifie, pour aller au fond des choses, que la présence syrienne ne serait plus dans ce pays que militaire stratégique. Sans aucune connotation d’intervention politique. De toutes sortes et à tous les niveaux.
Les grandes causes produisent à distance toute une kyrielle d’effets relativement mineurs. Ainsi les frappes terroristes sur le World Trade Center de Manhattan et sur le Pentagone, qui ont secoué le monde, ébranlent ici même le processus de dialogue avec la Syrie articulé autour de la mission Boutros. Des sources informées croient en effet savoir que les contacts sont suspendus, le temps que se dissipent les fumées de l’écroulement des deux tours new-yorkaises. Pour qu’on y voie plus clair, sur tous les plans. Et que l’on sache, notamment, quelles options les Américains vont adopter par rapport au processus de paix régional. Mais aussi par rapport aux différentes donnes concernant chacun des protagonistes de cette partie du monde. Cependant, ces mêmes sources indiquent que l’ancien ministre, faute d’aller derechef...