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Actualités - Chronologies

La capitale fédérale sous le choc

Incendie au Pentagone, évacuation de la Maison-Blanche puis du centre de la capitale des États-Unis, explosions et fumées noires au-dessus de la ville : Washington a vécu hier un film-catastrophe grandeur nature. «Plus rien ne sera plus comme avant, se lamente un fonctionnaire, tremblant d’émotion, c’est un tournant dans l’histoire de l’Amérique». Il quitte au pas de course le département d’État, avec la totalité des employés du bâtiment de huit étages, siège de la diplomatie américaine. Quelques minutes avant, deux explosions ont retenti dans le secteur. Il pourrait s’agir d’une voiture piégée. Aucune victime n’est signalée. Au centre-ville, une longue volute de fumée noire s’élève près de la Maison-Blanche. Des dizaines de camions de pompiers, sirènes hurlantes, déboulent dans Pennsylvania Avenue, l’artère qui jouxte la résidence présidentielle. Des agents des «Secret Service», la garde rapprochée du président George W. Bush, courent dans toutes les directions et éloignent sans ménagement les curieux. Un ruban jaune est déroulé en toute hâte pour délimiter le périmètre interdit. Des policiers à moto et à pied poussent également les touristes, pour la plupart des personnes âgées, qui faisaient la queue sous le soleil pour visiter la Maison-Blanche. Des tireurs d’élite sont postés sur le toit de la présidence. D’autres scrutent le ciel avec de puissantes jumelles. Des agents sont pris à partie. «Que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ?» hurle une vieille dame à l’adresse d’un policier tout aussi apeuré, et qui n’est pas en mesure de lui répondre. Dans le parc voisin, un homme sort une radio. D’autres s’approchent pour écouter les dernières nouvelles. Plusieurs lèvent les mains au ciel. Les visages sont atterrés. «Petit à petit, c’est le chaos», constate Dave Loeb, le propriétaire d’un restaurant, en rangeant les tables et les chaises de sa terrasse pour fermer son établissement. «C’est fou, ajoute-t-il, tout le monde court dans tous les sens et personne ne sait ce qui va se passer. Il vaut mieux filer d’ici». Dans les rues avoisinantes, la panique est à son comble. Des milliers de gens quittent en courant les bureaux. Tous les bâtiments fédéraux ont été fermés moins de deux heures après l’attentat qui a frappé le World Trade Center à New York. «Je rentre chez moi... J’ai trop peur», lâche une jeune femme en quittant la banque où elle travaille. Elle tient à la main la tasse de café qu’elle a emportée avec elle par inadvertance. Les bureaux se vident : Banque mondiale, Fonds monétaire international, les Archives nationales. Les musées et le Mall, la pelouse entre le Congrès et le Lincoln Memorial, où se promènent habituellement les passants, sont vides. Le FBI a été déserté, de même que le National Transportation Safety Board, qui enquête notamment sur les catastrophes aériennes. La ville commence à ressembler à un énorme bouchon. Le métro est pris d’assaut. Des employés, agglutinés sur les trottoirs, discutent à voix haute. Certains s’embrassent avant de quitter les lieux. D’autres tentent de joindre leurs proches au moyen de leur téléphone portable. Mais en vain : tous les réseaux ont disjoncté, apparemment sous la pression des appels. Des queues se forment devant les cabines téléphoniques. Les rumeurs courent. Certaines font état d’une explosion près du Congrès. D’autres sont confirmées, comme l’effondrement après une explosion d’une partie du Pentagone. Un avion de chasse de l’US Air Force survole un temps le Pentagone, avant de virer plein ouest. Des hélicoptères traversent le ciel de la ville. «Mauvais jour pour visiter Washington», lâche un touriste.
Incendie au Pentagone, évacuation de la Maison-Blanche puis du centre de la capitale des États-Unis, explosions et fumées noires au-dessus de la ville : Washington a vécu hier un film-catastrophe grandeur nature. «Plus rien ne sera plus comme avant, se lamente un fonctionnaire, tremblant d’émotion, c’est un tournant dans l’histoire de l’Amérique». Il quitte au pas de course le département d’État, avec la totalité des employés du bâtiment de huit étages, siège de la diplomatie américaine. Quelques minutes avant, deux explosions ont retenti dans le secteur. Il pourrait s’agir d’une voiture piégée. Aucune victime n’est signalée. Au centre-ville, une longue volute de fumée noire s’élève près de la Maison-Blanche. Des dizaines de camions de pompiers, sirènes hurlantes, déboulent dans Pennsylvania...