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Actualités - Chronologies

Belarus - Victoire à la soviétique - pour Loukachenko à la présidentielle

L’autoritaire président bélarusse, Alexandre Loukachenko, a remporté une victoire à la soviétique avec 75,6 % des voix, selon des résultats officiels contestés par l’opposition, qui a exigé un 2e tour et appelé à une manifestation de soutien lundi. Le taux de participation a atteint le niveau record de 82,5 %, selon la commission électorale placée sous la coupe du pouvoir exécutif. Le président (47 ans) a obtenu 75,6 % des voix, contre 15,39 % à son principal adversaire, le leader de la plus importante confédération syndicale de cette ex-république soviétique, Vladimir Gontcharik (61 ans), après dépouillement de tous les bulletins. Avec un tel score, Loukachenko fait à peu près aussi bien qu’au deuxième tour de la présidentielle de 1994 qui lui avait permis d’accéder au pouvoir. Le troisième candidat, l’ultranationaliste Sergueï Gaïdoukevitch, obtient 2,5 % des suffrages, selon la commission. La commission a annoncé les résultats avec une célérité surprenante, peu après la clôture des bureaux de vote. «Loukachenko a obtenu 46,7 % des voix et moi 40,8 %. Les résultats sont falsifiés. Nous exigeons un deuxième tour», a annoncé en fin de soirée dimanche le candidat de l’opposition, Vladimir Gontcharik. Il a fait appel à la communauté internationale pour lui demander son soutien en faveur de la tenue d’un deuxième tour. «Je m’attends à une réaction objective de la part des structures européennes quant à ce qui s’est passé au Belarus. Si elles veulent être objectives, elles ne peuvent pas reconnaître Loukachenko», a déclaré M. Gontcharik lors d’une conférence de presse à Minsk. Il a également appelé la population à une manifestation à 10h00 heure locale lundi (07h00 GMT) pour appuyer la demande de l’opposition. «Nous protesterons par tous les canaux. Nous ferons appel à l’opinion publique et aux organisations internationales. Le peuple ne doit pas être trompé», avait-il auparavant déclaré. Cette élection est la plus «surveillée» de l’histoire du Belarus avec quelque 22 000 observateurs locaux et 700 internationaux, dont 300 pour le compte de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Les quelque 7 millions d’électeurs avaient le choix entre donner un nouveau mandat à M. Loukachenko, ou opter pour le changement, en votant pour M. Gontcharik. La commission électorale n’a pas fait état de violations significatives et plusieurs observateurs étrangers ont également indiqué que le vote se déroulait sans problèmes. Une même inquiétude habite cependant les observateurs, celle du vote par anticipation qui s’est étalé de mardi à samedi et dont le taux de participation a atteint 14,3 %. Le dirigeant de l’équipe d’observateurs de l’OSCE, Hans-Georg Wieck, a estimé dans une interview à la radio bavaroise Bayerischer Rundfunk que le résultat de l’élection présidentielle a été truqué. «Le résultat est certainement très différent de celui que la commission a annoncé jusqu’ici», a déclaré l’observateur de l’Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe. À Minsk, le président Alexandre Loukachenko et son principal adversaire, Vladimir Gontcharik, ont certainement eu le même nombre de voix, a estimé M. Wieck. Mais selon le résultat officiel, les trois quarts des électeurs ont voté pour Loukachenko dans la capitale. Dans beaucoup de bureaux de vote, les observateurs «n’ont pu suivre le décompte que de loin, sans pouvoir observer chaque bulletin en particulier», a déploré M. Wieck. Le vote a également été précédé d’une campagne au cours de laquelle les droits de l’opposition ont été bafoués, en particulier par les médias d’État qui ont en revanche fait la propagande du président. Plusieurs sites Internet de l’opposition ou d’organisations proches de celle-ci ont été bloqués pendant plusieurs heures dimanche, notamment celui de l’état-major de Gontcharik. Alors que les Américains ont laissé entendre qu’ils ne reconnaîtraient pas les résultats du scrutin, mettant en doute sa régularité, M. Loukachenko a répété qu’il n’en avait cure. «Nos élections n’ont pas besoin d’être reconnues par l’Occident. Elles doivent se dérouler selon nos lois, comme cela se fait aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France», a-t-il déclaré. Loukachenko a remercié le président russe Vladimir Poutine pour son soutien. Poutine a apporté un soutien implicite à Loukachenko dont le pays fait office de tampon face à l’élargissement de l’Otan. Même dans des conditions très difficiles, ce scrutin constituait un test important pour l’opposition bélarusse face à un président controversé mais qui jouit d’un indéniable soutien dans cette ex-république soviétique, en particulier auprès des retraités et dans les campagnes. L’opposition n’a que peu d’expérience politique, ayant rejeté une participation au dernier scrutin des législatives à l’automne dernier que l’OSCE s’était également refusée à observer.
L’autoritaire président bélarusse, Alexandre Loukachenko, a remporté une victoire à la soviétique avec 75,6 % des voix, selon des résultats officiels contestés par l’opposition, qui a exigé un 2e tour et appelé à une manifestation de soutien lundi. Le taux de participation a atteint le niveau record de 82,5 %, selon la commission électorale placée sous la coupe du pouvoir exécutif. Le président (47 ans) a obtenu 75,6 % des voix, contre 15,39 % à son principal adversaire, le leader de la plus importante confédération syndicale de cette ex-république soviétique, Vladimir Gontcharik (61 ans), après dépouillement de tous les bulletins. Avec un tel score, Loukachenko fait à peu près aussi bien qu’au deuxième tour de la présidentielle de 1994 qui lui avait permis d’accéder au pouvoir. Le troisième candidat,...