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Actualités - Opinions

Depuis quelques mois, on ne dit plus «psy», on ne jure que par «phi». La philosophie déserte les amphithéâtres jargonneux pour rejoindre la rue, sa matrice première, péripatéticienne qu’elle est par nécessité. Et donc la philosophie sort ses baumes. Voilà Socrate contre Freud, l’agora contre le divan. Au fond, rien de plus naturel que ce retour de flamme pour une discipline sécrétée spontanément par tout cerveau humain, pourvu ou non de bon sens. D’où viens-tu ? Où vas-tu ? La vie était piégée entre ces parenthèses. Pas de réponse hors la religion et son envers. Reste : Comment vas-tu ? Voilà la bonne question. Dès lors, on peut parler. Raconter ses petites et ses grandes misères pour enfin s’apercevoir que le malheur de chacun se fond admirablement dans le creuset du malheur universel d’être au monde. Avec la mondialisation rampante, il fallait s’attendre à ce que les «chat» et autres forums produisent sous forme de «confidence à un inconnu» une forme de raisonnement «on line» propre à renverser le règne des thérapeutes professionnels. Le psy n’est plus seul à détenir le fil d’Ariane. On se tient la main, on forme une chaîne. Voilà le nouveau fil d’Ariane : une farandole universelle tellement jubilatoire parfois qu’on n’a plus envie de quitter le labyrinthe. Ça tombe bien puisque tout le monde sait qu’il est sans issue. La nouvelle philosophie ne serait qu’une nouvelle thérapie de groupe, à plusieurs millions d’individus le groupe. C’est la redécouverte d’un tuyau vieux comme le temps pour atteindre à une forme de vérité : poser des questions, inlassablement, et s’apercevoir que ce faisant on crée des liens en réinventant tout simplement l’art de la conversation. Et peu importe que la vie ait un sens : désormais, c’est chercher ensemble qui donne un sens à la vie.
Depuis quelques mois, on ne dit plus «psy», on ne jure que par «phi». La philosophie déserte les amphithéâtres jargonneux pour rejoindre la rue, sa matrice première, péripatéticienne qu’elle est par nécessité. Et donc la philosophie sort ses baumes. Voilà Socrate contre Freud, l’agora contre le divan. Au fond, rien de plus naturel que ce retour de flamme pour une discipline sécrétée spontanément par tout cerveau humain, pourvu ou non de bon sens. D’où viens-tu ? Où vas-tu ? La vie était piégée entre ces parenthèses. Pas de réponse hors la religion et son envers. Reste : Comment vas-tu ? Voilà la bonne question. Dès lors, on peut parler. Raconter ses petites et ses grandes misères pour enfin s’apercevoir que le malheur de chacun se fond admirablement dans le creuset du malheur universel d’être au...