Les chefs de la diplomatie des 22 pays de la Ligue arabe se sont retrouvés hier au Caire pour une réunion dominée par la flambée de violence au Proche-Orient, un responsable palestinien jugeant «impossible» de l’arrêter sans que cessent les «agressions israéliennes». «Personne ne peut arrêter la violence tant que rien n’a été fait pour une application intégrale des accords et pour mettre fin à l’agression israélienne», a déclaré le ministre palestinien de la Coopération internationale Nabil Chaath à la presse, à l’issue de cette réunion entamée dimanche et qui doit durer deux jours. Cinq Israéliens et trois Palestiniens ont été tués dimanche dans des attentats et incidents séparés en Israël et dans les territoires palestiniens, tandis que la police israélienne a expulsé vers la Cisjordanie le ministre palestinien chargé du Dossier de Jérusalem, Ziad Abou Ziad. «Il y a occupation israélienne et confrontation palestino-israélienne sur le terrain, et il est impossible de faire quoi que ce soit sauf si nous parvenons à un accord total et global en vertu duquel Israël arrêtera son agression, pour reprendre à nouveau le processus de paix», a ajouté M. Chaath, en marge de cette réunion. «La situation actuelle est constituée en fait de cycles de violences toujours initiés par Israël et qui provoquent toutes sortes de réactions d’un peuple assiégé et soumis à des agressions quotidiennes», a-t-il dit. «Nous condamnons la violence contre les civils, qu’ils soient Palestiniens ou Israéliens, mais l’essentiel est qu’il y a agression contre la terre palestinienne», a déclaré M. Chaath. «Cette situation explosive a une seule raison, c’est la poursuite de l’occupation. Nous voulons retourner à la paix juste, et cela nécessite l’arrêt de la violence de l’occupation», a encore déclaré M. Chaath. Lors de la réunion de la Ligue, le Qatar a demandé aux pays arabes une action «rapide et efficace» face à la crise au Proche-Orient, accusant l’Onu d’envoyer de «mauvais signaux» à Israël. L’absence de soutien par le Conseil de sécurité des Nations unies aux demandes palestiniennes d’envoi d’observateurs internationaux dans les Territoires a eu pour effet d’adresser de «mauvais signaux à Israël, l’encourageant à poursuivre ses attaques» contre les Palestiniens, a déclaré le ministre qatariote des Affaires étrangères Hamed bin Jassem, président sortant du Conseil ministériel. «Ceci implique une action rapide et efficace pour faire face à la situation actuelle», a-t-il ajouté, renouvelant la demande d’envoi d’une force de protection dans les Territoires. Un responsable arabe qui a requis l’anonymat a déclaré que l’Arabie séoudite proposerait à la réunion une «initiative arabe concrète» sur la question palestinienne, sans autre précision. La réunion à la Ligue arabe rassemble 18 ministres des Affaires étrangères et quatre diplomates, représentant les 22 pays de l’organisation. Elle a lieu à huis clos, en l’absence de Yasser Arafat, dont la présence avait pourtant été annoncée par le représentant permanent palestinien à la Ligue, Mohammed Sobeih. Ce dernier avait déclaré samedi que M. Arafat ne pourrait se rendre au Caire, «étant retenu par d’autres engagements».
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