Enfance et avortement : Washington affirme ses priorités
le 31 août 2001 à 00h00
Washington, déjà mécontent de la tournure anti-israélienne que pourrait prendre la conférence mondiale sur le racisme, est également engagé dans d’âpres discussions avant une réunion de l’Onu sur l’enfance. Le département d’État a reconnu mardi que des discussions serrées étaient en cours en particulier sur la question de l’avortement avant la session extraordinaire de l’Onu sur les droits des enfants, le mois prochain. Il a toutefois indiqué que Washington, contrairement à la conférence de Durban sur le racisme, ne voulait pas faire planer de menace de boycott. Les États-Unis veulent que les termes qui seront utilisés dans les documents finaux «ne constituent pas un soutien à l’avortement ou n’en fassent pas la promotion», a déclaré le parole du département d’État Richard Boucher. Selon d’autres diplomates, Washington souhaiterait également que les prérogatives et les devoirs des parents soient davantage soulignés. M. Boucher a toutefois souligné que Washington s’apprêtait à participer à cette session extraordinaire. «Nous avons les meilleurs espoirs que cela puisse être réglé et que nous serons présents à un haut niveau», a-t-il déclaré. Selon des sources aux Nations unies, Washington envisagerait d’envoyer deux responsables gouvernementaux, le secrétaire à la Santé Tom Thompson et celui à l’Éducation, Ronald Paige. Une quinzaine de membres de la Chambre des représentants (Chambre basse du Congrès) avaient pour leur part envoyé une lettre la semaine dernière au secrétaire d’État Colin Powell pour protester contre les positions «déraisonnables et obstructionnistes» des États-Unis sur ce dossier. Le courrier accuse l’Administration américaine de pratiquer la «tactique de la menace pour forcer la main à d’autres participants» à la session extraordinaire de l’Onu sur l’enfance. La première décision du président George W. Bush, personnellement opposé à l’avortement, en matière de politique étrangère fut, deux jours après son entrée en fonctions, d’ordonner l’interdiction de verser des fonds publics aux organisations faisant la promotion de l’avortement à l’étranger. Cette décision conforme aux vues des républicains conservateurs, dans un pays où le débat sur l’avortement divise toujours profondément l’opinion, avait provoqué un tollé à l’étranger et parmi les partisans de l’interruption de grossesse. Les tensions à l’approche de cette session de l’Onu sur l’enfance surviennent alors que Washington manifeste déjà son mécontentement sur la tournure anti-israélienne que pourrait prendre la conférence mondiale de l’Onu sur le racisme qui s’ouvre vendredi à Durban (Afrique du Sud), à laquelle M. Powell a renoncé à participer. L’Administration américaine doit annoncer dans les jours qui viennent si elle se contente d’envoyer une délégation de faible niveau, ou si elle boycotte carrément la réunion de Durban. Le département d’État a toutefois cherché à démentir qu’un profil bas des États-Unis à cette conférence sur le racisme soit un nouveau signe des penchants de la nouvelle Administration pour l’unilatéralisme et de son manque de considération pour les instances internationales. «Certains pays, pas spécialement nombreux, seront représentés par des chefs d’État ou des ministres des Affaires étrangères, mais beaucoup d’autres seront présents à un niveau moins élevé» à Durban, a relevé M. Boucher.
Washington, déjà mécontent de la tournure anti-israélienne que pourrait prendre la conférence mondiale sur le racisme, est également engagé dans d’âpres discussions avant une réunion de l’Onu sur l’enfance. Le département d’État a reconnu mardi que des discussions serrées étaient en cours en particulier sur la question de l’avortement avant la session extraordinaire de l’Onu sur les droits des enfants, le mois prochain. Il a toutefois indiqué que Washington, contrairement à la conférence de Durban sur le racisme, ne voulait pas faire planer de menace de boycott. Les États-Unis veulent que les termes qui seront utilisés dans les documents finaux «ne constituent pas un soutien à l’avortement ou n’en fassent pas la promotion», a déclaré le parole du département d’État Richard Boucher. Selon...
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