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Actualités - Chronologies

Ex-gangster en cours de réinsertion

«Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville». Kazutomi Shinada, ancien mafieux japonais de 35 ans, pense que ces vers de Verlaine lus en prison il y a six ans ont contribué tout comme des rencontres avec des hommes d’église à lui faire quitter le milieu des yakuzas. Agent de propreté municipal à Chiba, près de Tokyo, il suit parallèlement des études au séminaire avec l’espoir de devenir pasteur comme son aîné Hiroyuki Suzuki, 46 ans, ex-yakuza, révérend de l’église d’Higashi-Funabashi. «Je suis devenu yakuza à 17 ans parce que je voulais mener une vie meilleure que les autres, avoir une belle voiture, de beaux vêtements, une belle femme», se souvient ce grand gaillard de 35 ans. À l’époque, le jeune Kazutomi, venu d’une petite ville du Kyushu (sud), est livreur dans un sushi-ya – un restaurant de poisson cru – au Kabuki-cho, l’un des quartiers «chauds» de Tokyo. «J’essayais toujours de me présenter avec élégance même en tenue de travail. L’un des chefs yakuzas du coin m’a vu et m’a recruté parce que je ressemblais à l’un des leurs», raconte M. Shinada. Il est intégré dans un gang appelé «club de l’amitié de l’Asie de l’Est», mais se retrouve en maison de correction pour un an dès ses 18 ans pour détention de stupéfiants avant d’être condamné à 7 ans de prison en 1988 pour des vols à main armée dans des salles de jeux. «Au bout de trois ans et demi en prison, j’ai commencé à être torturé par le souvenir de la peur et de la douleur infligées aux autres. J’ai souffert à mon tour», raconte-t-il. Dans sa prison pour mineurs, il rencontre un pasteur qui l’impressionne en lui racontant l’histoire de sa fille morte en tentant de sauver un enfant de la noyade. «Avant, j’avais lu des livres bouddhistes et d’autres, mais les paroles chrétiennes de ce pasteur m’ont apaisées. J’ai commencé à lire la Bible, à découvrir la personnalité de Jésus. Ma peur a disparu», ajoute M. Shinada, en soulignant avoir rencontré d’autres prêtres ou pasteurs après son transfert à 26 ans dans la prison (de longue durée) de Fuchû, près de Tokyo. Mais à sa sortie en 1995, il est accueilli par ses anciens amis yakuzas et reprend ses activités illégales. «Pendant un an, j’étais coincé entre mon désir d’une vie normale et mon attachement aux temps anciens», ajoute-t-il. C’est grâce à sa rencontre avec une hôtesse de bar taïwanaise, Sara, au tempérament énergique, et la découverte dans un supermarché d’un article sur la mission Barabbas et leur voyage évangélique aux États-Unis qu’il décide de rencontrer ces anciens «collègues» et se mettre à leur service, avec l’objectif de devenir pasteur. Son mariage en 1996 a été le premier célébré par le révérend Suzuki à Higashi-Funabashi.
«Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville». Kazutomi Shinada, ancien mafieux japonais de 35 ans, pense que ces vers de Verlaine lus en prison il y a six ans ont contribué tout comme des rencontres avec des hommes d’église à lui faire quitter le milieu des yakuzas. Agent de propreté municipal à Chiba, près de Tokyo, il suit parallèlement des études au séminaire avec l’espoir de devenir pasteur comme son aîné Hiroyuki Suzuki, 46 ans, ex-yakuza, révérend de l’église d’Higashi-Funabashi. «Je suis devenu yakuza à 17 ans parce que je voulais mener une vie meilleure que les autres, avoir une belle voiture, de beaux vêtements, une belle femme», se souvient ce grand gaillard de 35 ans. À l’époque, le jeune Kazutomi, venu d’une petite ville du Kyushu (sud), est livreur dans un sushi-ya – un...