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Actualités - Conferences Internationales

La faible voix des peuples autochtones

Les peuples autochtones espèrent faire entendre leur voix lors de la prochaine conférence de Durban sur le racisme qui devrait se contenter de rappeler quelques principes généraux à leur égard. «Ces peuples oubliés, dépositaires d’une part de la mémoire universelle», selon l’expression de Alfredo Sfeir-Younès, représentant de la Banque mondiale à Genève, sont au nombre d’environ 5 000, regroupant 300 millions de personnes dans 70 pays répartis sur les cinq continents. Depuis 1982, ils font l’objet d’une attention discrète de la part des instances internationales, alors que 80 % d’entre eux vivent en-deçà de tous les seuils de pauvreté définis par ces mêmes institutions internationales, selon les données chiffrées de la Banque mondiale. Ces peuples autochtones – également qualifiés d’indigènes, de tribaux ou d’aborigènes – échappent pratiquement à tous les circuits institutionnels et ne participent à aucun processus de décision, soulignait récemment Mililani Trask, militante de la cause du peuple hawaïen, aujourd’hui sous domination américaine. «L’Onu a une vision coloniale du monde qui ne nous considère pas», avait-elle expliqué. «Nous sommes niés dans nos droits à l’autodétermination, dans nos droits sociaux, culturels et politiques», avait-elle souligné. La conférence de Durban sur le racisme (31 août - 7 septembre) a prévu de leur consacrer une dizaine de paragraphes de son «plan d’action» encore en discussion, pour rappeler, en termes généraux, quelques principes fondamentaux à leur égard. Leur identité et leurs droits, «dans le cadre de la souveraineté des États», devraient leur être reconnus, gommant du même coup leurs droits à l’autodétermination ou à l’indépendance, pourtant reconnus par la Charte des Nations unies. Faiblesse des instruments juridiques Leur accession à une meilleure répartition de la richesse produite, à une meilleure éducation, à une meilleure santé, devrait également être soulignée. Les femmes et les jeunes filles issues de ces populations devraient pouvoir bénéficier d’une protection accrue, en raison des discriminations, économiques et sexuelles, dont elles sont les victimes. En soulignant ces différentes discriminations, la conférence de Durban révèle davantage encore la faiblesse des instruments juridiques internationaux qui leur sont déjà consacrés, souligne-t-on de sources diplomatiques. La faiblesse de ces instruments, y compris la décennie 1994-2004 qui leur est dédiée, est à la mesure des difficultés à définir ce que sont ces peuples qui persistent à conserver leur culture, leurs coutumes et dont certains persistent à revendiquer des territoires, note-t-on de mêmes sources. Depuis 1982, date à laquelle l’Onu a commencé à s’intéresser à ces questions, une commission d’experts peine à rédiger «une déclaration des populations autochtones», faute d’accord sur ce qui est acceptable du point de vue des États membres de l’Organisation et ce qui ne peut l’être. Le 9 août à New York, à l’occasion d’un séminaire avant la conférence de Durban, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a réitéré son ambition de faire entendre la cause de ces peuples oubliés. Dans le même temps, le chef du grand conseil de la tribu indienne Cree au Canada, Ted Moses, se plaignait «des grandes difficultés» qu’il avait à se faire admettre à ce séminaire. Aussi, il semble peu probable que le sort des Indiens d’Amazonie ou des Andes, des Inuits ou des Mi’kmaq du Canada progressera de façon sensible à Durban.
Les peuples autochtones espèrent faire entendre leur voix lors de la prochaine conférence de Durban sur le racisme qui devrait se contenter de rappeler quelques principes généraux à leur égard. «Ces peuples oubliés, dépositaires d’une part de la mémoire universelle», selon l’expression de Alfredo Sfeir-Younès, représentant de la Banque mondiale à Genève, sont au nombre d’environ 5 000, regroupant 300 millions de personnes dans 70 pays répartis sur les cinq continents. Depuis 1982, ils font l’objet d’une attention discrète de la part des instances internationales, alors que 80 % d’entre eux vivent en-deçà de tous les seuils de pauvreté définis par ces mêmes institutions internationales, selon les données chiffrées de la Banque mondiale. Ces peuples autochtones – également qualifiés d’indigènes,...