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Actualités - Chronologies

Blanche, afrikaner et victime de l’apartheid

Un soir de juillet, à l’heure de la fermeture, deux hommes blancs cagoulés sont entrés dans la boucherie de Wanda Stoffberg. Ils l’ont matraquée, lui ont arraché des vêtements et gravé au couteau sur le sein gauche un «K», pour «kaffir», l’expression insultante pour désigner un Noir en Afrique du Sud. En partant ils l’ont traitée de «kaffirboetie», «amie des nègres». L’un de ses agresseurs a ajouté que les «kaffirboeties» n’avaient pas droit de cité à George, une paisible ville afrikaner du sud du pays. Dans la boucherie de Wanda, une Blanche afrikaner, on sert régulièrement, des clients noirs ou métis. Mais quand Wanda avait demandé à agrandir sa boucherie, le maire de la ville, Marius Swart, un membre de l’Alliance démocratique (DA, droite) lui avait répondu par courrier : «J’espère que vos enfants vont s’enrichir, mais pour vous, il n’y a pas d’avenir dans cette ville». Après son agression, Wanda s’était d’abord tue. Puis, après quelques jours, elle s’est décidée de parler. Wanda a raconté que toute sa jeunesse, elle avait été élevée dans un climat de racisme. «Un jour vous vous réveillez et vous vous rendez compte que vous avez participé à quelque chose de si mauvais, pendant si longtemps», a-t-elle raconté deux semaines après l’incident lors d’une conférence sur le racisme. «J’ai décidé de me dresser pour la vérité pour une fois dans ma vie, une vérité que beaucoup d’entre nous refusent encore», a-t-elle dit. Mais quelques jours après son intervention publique de nouvelles menaces sont arrivées. « Je t’aurai » Un cœur, le mot «kaffir» peint sur la devanture et une lettre glissée dans la porte : «Je t’aurai». L’affaire de Wanda a bouleversé l’Afrique du Sud. Elle a montré à quel point, si le racisme tend à se résorber dans les grandes villes, il demeure vivace dans les petites villes de province, sept ans après l’apartheid. La police a promis une récompense de 10 000 rands (environ 1 200 dollars) pour toute information permettant d’arrêter les coupables. Mais personne ne s’est présenté. Et pourtant Wanda sait que ses agresseurs sont connus. «Je suis certaine de savoir qui sont ces gens. Mais je ne peux pas encore les nommer». Pour Cameron Dugmore, un porte-parole du Congrès national africain (ANC), au pouvoir, «les conditions de cette attaque ont été créées par la décision du conseil municipal de la ville de refuser d’accorder les autorisations à la boucherie, en raison des objections de quelques voisins racistes et de concurrents». Il y a quelques jours, Wanda a craqué nerveusement. Deux fois elle a été admise à l’hôpital pour se faire soigner. Mais la seconde fois elle a demandé à rentrer chez elle, contre l’avis du psychologue. «Je devais rentrer à la maison pour m’occuper de mon fils, qui est si traumatisé par tout ça». Le 10 août, Wanda a indiqué qu’elle envoyait son fils âgé de trois ans dans sa famille, car elle craignait pour sa sécurité. «Je veux aussi partir... Je ne peux plus supporter tout cela. Je ne peux plus dormir et je suis déprimée».
Un soir de juillet, à l’heure de la fermeture, deux hommes blancs cagoulés sont entrés dans la boucherie de Wanda Stoffberg. Ils l’ont matraquée, lui ont arraché des vêtements et gravé au couteau sur le sein gauche un «K», pour «kaffir», l’expression insultante pour désigner un Noir en Afrique du Sud. En partant ils l’ont traitée de «kaffirboetie», «amie des nègres». L’un de ses agresseurs a ajouté que les «kaffirboeties» n’avaient pas droit de cité à George, une paisible ville afrikaner du sud du pays. Dans la boucherie de Wanda, une Blanche afrikaner, on sert régulièrement, des clients noirs ou métis. Mais quand Wanda avait demandé à agrandir sa boucherie, le maire de la ville, Marius Swart, un membre de l’Alliance démocratique (DA, droite) lui avait répondu par courrier : «J’espère que...