Plusieurs milliers de Palestiniens ont accompagnés hier au cimetière d’el-Bireh, en Cisjordanie, le corps du chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Abou Ali Moustapha, assassiné la veille par Israël. De nombreux orateurs ont pris la parole une fois le corps du dirigeant palestinien porté en terre, s’en prenant notamment violemment aux États-Unis. «L’ennemi, ce n’est pas seulement Sharon, Peres ou Ben Eliezer», a déclaré Sakher Habache, membre du comité central du Fateh, le mouvement du président palestinien Yasser Arafat. «C’est également la Maison-Blanche, qui fournit aux Israéliens les armes et les justifications pour tuer les Palestiniens», a poursuivi M. Habache, qui s’exprimait au nom de l’ensemble des mouvements palestiniens. «Les États-Unis sont la tête du serpent et doivent être traités comme tel. Tous les martyrs de l’histoire (contemporaine), de l’Amérique latine à la Palestine, ont été tués par des armes américaines», a déclaré de son côté Wissam Rafidi, un responsable du FPLP. Pour les Palestiniens comme pour le monde arabe, en effet, les récentes déclarations du président américain George W. Bush, reprochant à M. Arafat de ne pas faire suffisamment d’efforts pour réduire la violence, ont été interprétées par Israël comme un «feu vert» pour poursuivre son offensive. «Je veux dire aux Israéliens : “Vous n’avez pas d’autre solution que de quitter les territoires palestiniens”» a déclaré de son côté le secrétaire du gouvernement palestinien Ahmad Abdelrahmane, au nom du président Arafat. Pointant le doigt vers la colonie juive de Psagot qui surplombe el-Bireh au sud-est, il a ajouté : «Il n’ y aura pas de paix avant que les colons de cette implantation et ceux des autres partent». «Nous n’avons pas d’autre choix que de résister et nous aurons la victoire» a-t-il affirmé. Le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Mahmoud Abbas (Abou Mazen), était présent. Des dizaines de militants du FPLP, le visage encagoulé, tiraient des rafales d’armes automatiques et appelaient à la vengeance en scandant : «Notre sang coulera pour Abou Ali !» En dépit des tirs et des cris de colère, la foule paraissait profondément recueillie. Des manifestants ont agité des bannières rouges du FPLP, frappées du sigle du mouvement, une flèche en direction de la carte de Palestine, symbolisant la volonté de retour des Palestiniens chassés de leur terre lors de la création de l’État d’Israël en 1948. Lorsque le cercueil couvert du drapeau palestinien est sorti de l’hôpital, la foule s’est dirigée vers la mosquée Gamal Abdel Nasser, l’une des grandes mosquées de Ramallah, ville jumelle d’el-Bireh, pour la prière du mort. Le cercueil a ensuite été placé sur une jeep des forces palestiniennes et le cortège s’est dirigé vers le cimetière d’el-Bireh, proche de Ramallah, où le chef du FPLP a été inhumé.
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