L’équipementier en télécommunications suédois Ericsson et le japonais Sony ont finalisé mardi l’accord de fusion de leurs activités de fabrication de téléphones portables en visant, à terme, la place de numéro 1 mondial du secteur. Cet accord, qui donnera naissance, le 1er octobre prochain, à une nouvelle société à 50/50 basée à Londres et baptisée Sony Ericsson Mobile Communications, doit toutefois encore être soumis à l’approbation des conseils d’administration des deux groupes et des autorités de régulation de la concurrence compétentes, ont indiqué Ericsson et Sony mardi dans un communiqué commun. Les deux groupes vont transférer à la nouvelle joint-venture leurs actifs concernés, à la valeur comptable, a indiqué Aase Lindskog, porte-parole d’Ericsson, précisant que «les chiffres exacts ne seront pas communiqués». Les deux groupes tablent sur une rentabilité de la nouvelle société dès la première année. Sony et Ericsson conserveront toutefois leurs gammes grand public respectives, a-t-elle ajouté. La société regroupera d’abord la recherche et le développement et les opérations commerciales des deux groupes, avec quelque 3 500 employés. Les ventes d’Ericsson et de Sony ont atteint en 2000 quelque 50 millions d’appareils, pour un chiffre d’affaires de 7,2 milliards de dollars. Le PDG d’Ericsson, Kurt Hellstroem, assurera, à Londres, la présidence du conseil d’administration de la nouvelle entité, baptisée «EricSony» par les milieux financiers. Commercialisés sous une nouvelle marque, les premiers produits devraient sortir au cours du troisième trimestre 2002 des usines existantes des deux groupes aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Suède, en Chine et au Japon. Les deux groupes avaient annoncé en avril leur intention de s’allier pour remédier aux difficultés auxquelles leurs produits de téléphonie mobile grand public sont confrontés. Sony a dû rappeler 1,1 million de téléphones portables de sa marque au Japon sur les sept premiers mois de l’année, tandis qu’Ericsson, lourdement déficitaire dans ce secteur, a décidé de sous-traiter la production de l’ensemble de sa gamme à l’américain Flextronics, entraînant la suppression de près de 12 000 emplois. «L’annonce (de la finalisation de l’accord entre Ericsson et Sony) n’apporte rien de nouveau sur ce qu’on savait de l’opération. C’est mieux que de ne rien faire mais c’est moins bien que si Ericsson s’était définitivement arrêté de fabriquer des téléphones portables», a indiqué à l’AFP un analyste de la banque d’investissement suédoise Alfred Berg. Alfred Berg a néanmoins revu à la hausse ses prévisions de croissance pour Ericsson au second semestre, abaissant parallèlement celles du finlandais Nokia. «Le développement du marché des infrastructures est très intéressant et Ericsson en est le numéro 1 “mondial” naturel», a ajouté l’analyste sous couvert de l’anonymat. À la mi-journée à la Bourse de Stockholm, le titre Ericsson perdait 2,61 %, à 56 couronnes suédoises (5,98 euros).
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