J’adore la télévision lorsqu’elle est le témoin d’événements qui font chaud au cœur. Lorsqu’on assiste au retour victorieux de notre équipe nationale de volley-ball et que l’aéroport devient une véritable kermesse. Lorsque nos jeunes officiers font voler leurs képis au vent comme d’autres font voler des ballons de fête. Lorsque le patriarche maronite se retrouve emporté par un maelström de fidèles exaltés. Ou lorsque la plus belle fille du Liban fond de bonheur au moment d’être couronnée. J’aime moins la télévision lorsqu’elle nous prend pour des demeurés et qu’elle estime que nous ne méritons pas mieux que ce qu’elle a à nous offrir : c’est-à-dire pas grand-chose. Je n’aime plus du tout la télévision lorsqu’elle cherche à convaincre les demeurés que nous sommes – dans son optique – que nous ne comprenons rien à rien, par l’entremise de tous ces grands esprits éclairés qui manipulent à leur propre compte l’opinion du pauvre quidam ! Lorsque trop souvent la subjectivité remplace l’objectivité. Je hais la télévision lorsqu’elle véhicule des images de violence, de sang et de mort, ou qu’elle offre en pâture du sexe et du cul. Mais cette profession de foi n’est rien d’autre qu’un coup de gueule de votre serviteur qui sait pertinemment que la télévision n’est faite ni pour vous ni pour lui. Alors que faisons-nous devant nos postes ? Nous attendons le miracle. Car depuis le temps qu’on nous a seriné les oreilles avec «le miracle libanais», moi, j’ai fini par y croire. Pas vous ? P.-S. : Miracles For Sale, film de Ted Browning avec Robert Young.
J’adore la télévision lorsqu’elle est le témoin d’événements qui font chaud au cœur. Lorsqu’on assiste au retour victorieux de notre équipe nationale de volley-ball et que l’aéroport devient une véritable kermesse. Lorsque nos jeunes officiers font voler leurs képis au vent comme d’autres font voler des ballons de fête. Lorsque le patriarche maronite se retrouve emporté par un maelström de fidèles exaltés. Ou lorsque la plus belle fille du Liban fond de bonheur au moment d’être couronnée. J’aime moins la télévision lorsqu’elle nous prend pour des demeurés et qu’elle estime que nous ne méritons pas mieux que ce qu’elle a à nous offrir : c’est-à-dire pas grand-chose. Je n’aime plus du tout la télévision lorsqu’elle cherche à convaincre les demeurés que nous sommes – dans son optique...
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