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Actualités - Chronologies

La police palestinienne sans domicile fixe à Gaza

Assis sous des arbres, installés dans des garages ou des appartements inoccupés, les policiers palestiniens sont désormais éparpillés aux quatre coins de Gaza pour échapper à la menace permanente de frappes israéliennes. «Nous devons changer d’endroit, être sans cesse en mouvement, en petites unités», explique le chef adjoint de la police à Gaza, Mahmoud Asfour. En ville, les voitures bleu vif sont partout, leurs occupants à proximité, appuyés sur le capot ou à l’ombre des arbustes. Depuis quelques semaines, les véhicules servent de bureaux et les patrouilles sont perpétuelles pour les milliers d’agents chargés de la circulation et du maintien de l’ordre. Sous une arcade dans une rue commerciale de Gaza, quelques policiers sont installés sur un matelas à fleurs. «Au début je me sentais menacé, maintenant je suis habitué, même si le quartier général, c’est plus agréable», dit Salam, 24 ans, tandis qu’arrive une voiture transportant d’énormes casseroles contenant le casse-croûte des déplacés. Pour les services plus statiques, comme la brigade criminelle, des locaux ont été loués dans des villas, des pas-de-porte. «Nous sommes bien accueillis par les habitants, certains refusent de nous imposer un loyer», assure M. Asfour, qui ne veut pas évoquer le coût de l’opération. De Tulkarem à Jéricho, en Cisjordanie, en passant par la bande de Gaza, des dizaines de bâtiments des forces de sécurité palestiniennes, pour la plupart vidés de leur personnel, ont été bombardés par l’armée israélienne depuis le début de l’intifada, fin septembre. Parmi eux, de nombreux postes de la police civile, dont le dernier mercredi à Qarara, dans le centre de la bande de Gaza. Ce jour-là, en riposte à des tirs de mortier contre une colonie juive voisine, deux missiles ont éventré un gros bâtiment de deux étages, dont l’intérieur a été entièrement soufflé et le toit de tôle a éclaté. Accroché au fronton, le portrait du président Yasser Arafat n’a pas résisté. Assis à l’extérieur, sept policiers ont été blessés par des éclats, dont un sérieusement, ainsi que deux civils. «On avait pourtant pris nos précautions», confie le chef du poste, Jamal Abou Hassan. Les locaux étaient pratiquement vides, les effectifs limités à 13 au lieu des 40 habituels. «Il faut bien maintenir un accueil minimum. C’est un lieu de service public», dit-il. «Nous allons monter deux tentes pour dire à Ariel Sharon (le Premier ministre israélien) qu’il peut bombarder quand il veut, on continuera quand même à travailler», ajoute-t-il. Continuer à travailler, tel est le souci de Mahmoud Asfour, qui n’occupe plus lui-même son bureau depuis huit mois et squatte en ce moment un bureau de l’Autorité palestinienne, ses dossiers empilés à son domicile personnel. Selon lui, «Israël veut ruiner l’ordre intérieur». «Le travail de police dépend des télécommunications, de la mobilité, de l’expertise. Ça, on arrive à le maintenir», dit-il. Mais le plus problématique, souligne-t-il, est l’arrêt des entraînements depuis octobre. «On ne peut pas se permettre de regrouper les agents. Personne n’aurait le courage de prendre en charge 100 à 200 hommes d’un coup», explique-t-il.
Assis sous des arbres, installés dans des garages ou des appartements inoccupés, les policiers palestiniens sont désormais éparpillés aux quatre coins de Gaza pour échapper à la menace permanente de frappes israéliennes. «Nous devons changer d’endroit, être sans cesse en mouvement, en petites unités», explique le chef adjoint de la police à Gaza, Mahmoud Asfour. En ville, les voitures bleu vif sont partout, leurs occupants à proximité, appuyés sur le capot ou à l’ombre des arbustes. Depuis quelques semaines, les véhicules servent de bureaux et les patrouilles sont perpétuelles pour les milliers d’agents chargés de la circulation et du maintien de l’ordre. Sous une arcade dans une rue commerciale de Gaza, quelques policiers sont installés sur un matelas à fleurs. «Au début je me sentais menacé, maintenant...