Le marché des changes de Beyrouth a repris ses activités hier, au lendemain du chômage de l’Assomption, dans un climat plus calme qu’auparavant, consécutivement à la contraction de la demande du dollar et l’apparition d’une certaine tendance à l’offre de cette monnaie au haut de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL), la dispensant parfois de la vendre. Mais après que la BDL eut maintenu sa fourchette d’intervention en l’état, soit entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert a dû être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de 23 mois, pendant qu’il se négociait invariablement aussi dans les transactions interbancaires à 1 514,00 LL, et parfois en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes. Pourtant, l’activité du marché ne s’est guère développée à la suite du ralentissement de la demande en devises, a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux, estimant le volume des échanges de la journée d’hier à quelque 8 millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Coup d’arrêt à la baisse du dollar À l’étranger, l’euro a ralenti son mouvement ascensionnel contre le billet vert hier, les investisseurs profitant du rebond de la monnaie unique qui s’était rapprochée dans la matinée du seuil de 0,92 dollar, pour prendre leurs bénéfices. Par ailleurs, le yen s’est un peu effrité, les cambistes craignant une éventuelle intervention du gouvernement japonais pour éviter une surévaluation de la devise nippone. «Il s’agissait juste d’un peu de correction sur le marché après six à sept jours de hausse de l’euro», a observé hier une note de la Royal Bank of Scotland. Ce léger reflux de la monnaie unique européenne n’a pas remis toutefois en cause sa spectaculaire envolée des derniers jours, soit la plus forte progression depuis le mois de janvier 2001, ont souligné les cambistes. Et ce, malgré les signes de faiblesse de l’économie de la zone euro, confirmés hier par la Bundesbank, et l’annonce d’une croissance zéro en Allemagne au deuxième trimestre 2001. Selon les estimations de l’institut d’émission allemand, la croissance a stagné au deuxième trimestre 2001 par rapport au premier trimestre et ralenti à 1 % en glissement annuel après une hausse de 2 % au premier trimestre. La Bundesbank a reconnu aussi que la première économie de la zone euro traverse une phase difficile, jugeant toutefois prématuré de parler de risque de récession. Plus tôt dans la matinée, l’ascension de l’euro avait été renforcée par les incertitudes vis-à-vis de l’engagement des États-Unis envers une politique de dollar fort. À cet égard, le marché a relevé le silence, la veille, de Paul O’Neill, le secrétaire au Trésor américain, sur la politique de dollar fort. «Paul O’Neill a répété que la politique monétaire américaine restait inchangée, mais il n’a pas réussi à mentionner le mot magique de dollar fort, ce qui a été interprété comme un assouplissement de sa position», a observé hier une analyse de la Bank of America. «Chaque travail vous apprend quelque chose et une chose que j’ai apprise avec celui-ci est qu’il n’y a aucun avantage à parler du dollar, sinon pour dire que nous avons une politique continue», avait affirmé Paul O’Neill, lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision CNBC, la veille. Par ailleurs, la baisse plus forte que prévu des prix à la consommation aux États-Unis (-0,3 % en juillet contre une hausse de 0,2 % en juin) a suggéré que la Réserve fédérale américaine (Fed) aura une plus grande marge de manœuvre pour détendre sa politique de crédit lors de la réunion mardi prochain de son comité de politique monétaire. Dans ce contexte de recul de l’inflation et compte tenu des dernières statistiques américaines dont la diminution de 8 000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations-chômage la semaine dernière et la hausse de 2,8 % des mises en chantier de logement le mois dernier (la plus élevée depuis février 2000), il est fort probable que la Fed assouplisse sa politique monétaire d’un quart de point en pourcentage seulement mardi prochain au lieu d’un demi-point en pourcentage comme anticipé. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar devait présenter une remarquable résistance aux influences baissières en provenance de la faiblesse de l’économie américaine, se négociant à New York comme suit : – 0,9140 pour un euro contre 0,9145, la veille – 1,4465 pour un sterling contre 1,4410 – 2,1395 DM contre 2,1385 – 7,1765 FF contre 7,1725 – 1,6617 FS contre 1,6615 – 2 118,45 lires contre 2 117,30 – 119,85 yens contre 119,55. Bourse de Beyrouth : léger effritement À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est un peu effritée hier consécutivement à la baisse des actions des Ciments Libanais de 13/32 à 12/32 dollar, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,05 % à 54,36 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait à 121,85 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché restreint sur lequel 39 069 actions ont changé de mains d’une valeur totale de 146 123 dollars. Vulnérabilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont été déprimés hier par les perspectives décevantes de Ciena, qui ont rendu l’atmosphère nerveuse avant la publication hier après la clôture des résultats de Dell Computer et de Hewlett-Packard. De plus, les bonnes statistiques américaines publiées hier ont affecté un peu la tendance dans la mesure où elles écartaient une baisse des taux d’intérêt supérieure à un quart de point en pourcentage lors de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed mardi prochain. Dans l’actualité boursière, le premier courtier en ligne américain Charles Schwab, durement touché par la chute des transactions réalisées par les particuliers, a sensiblement perdu du terrain. Selon le Wall Street Journal, Schwab a entamé des discussions informelles pour racheter Jefferies Group et ses clients institutionnels. News Corp, dont le bénéfice trimestriel n’a pas dépassé 12 cents par action, a également reculé ainsi que Dell et Hewlett-Packard. En effet, l’indice composite Nasdaq a repassé à la baisse le seuil des 1 900 points avant de s’équilibrer autour de ce niveau, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 368,79 points et un plus bas à 10 271,57 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 336,60 points, en baisse de 9,35 points sur la veille. Nouveau recul des Bourses européennes Les Bourses européennes ont cédé du terrain en fin de journée jeudi, déprimées par la faiblesse de Marconi et d’Alcatel, ainsi que par celle de Wall Street. À la clôture, l’indice Eurotop-300 a abandonné 1,23 % à 1 281,33 et l’EuroStoxx-50 a reculé de 1,24 % à 3 846,55. Ils ont touché en séance leurs plus faibles niveaux depuis deux ans. Londres a fini en baisse de 1,31 % à 5 389,8 et Paris de 1,05 % à 4 882,41 et Francfort a abandonné 1,71 %. Les technologiques restent hantées par le spectre de leurs futurs résultats. Aux États-Unis, ceux du producteur de matériel de télécommunications Ciena ont déçu tandis que Dell Computer et Hewlett-Packard devaient annoncer les leurs après la clôture de Wall Street. À Londres, Marconi a abandonné 5,23 % à 67,75 pence sur la rumeur qu’il pourrait revoir ses objectifs financiers en baisse. Alcatel est tombé à Paris de 5,73 % à 17,44 euros tandis qu’à Francfort Deutsche Telekom reculait de 5,49 % à 18,07 euros. L’indice DJ Stoxx des technologiques a perdu 4,03 % à 357,78. Face à cette tendance lourde, le laboratoire pharmaceutique Novartis, qui a annoncé une hausse inattendue de 10 % de son bénéfice semestriel et qui est optimiste sur ses perspectives, a gagné 2,18 % à 58,70 francs suisses. La compagnie allemande d’électricité E.ON s’est octroyée 2,23 % à 61,41 euros après l’annonce d’un bénéfice semestriel supérieur aux attentes. Bayer a continué à souffrir du retrait de son médicament contre le cholestérol et de ses perspectives incertaines. Le chimiste-pharmacien a reporté à février 2002 sa cotation à New York et subi les foudres du gouvernement allemand à propos du médicament en question. L’action est tombée de 6,16 % à 32,78 euros. Tokyo : accentuation de la baisse La Bourse de Tokyo a terminé en forte baisse jeudi, entraînée par les valeurs technologiques, et notamment par Sony, qui épousent la baisse de leurs homologues américaines, et par un yen raffermi qui inquiète les exportateurs. L’indice Nikkei a clôturé en baisse de 2,04 %, soit 240,38 points, à 11 515,02, après avoir perdu jusqu’à 2,5 % au cours de la séance. «La hausse du yen me rend nerveux et la baisse continue du secteur technologique me donne vraiment du souci», a dit Masaru Kazama de Nissan Securities. «Sur le court terme, les opérateurs se tournent largement vers l’immobilier et vers les entreprises de construction qui pourraient bénéficier d’un programme de réhabilitation urbaine», a-t-il ajouté. Le géant de l’électronique et poids lourd de l’indice Nikkei, Sony, a pesé sur la Bourse en perdant 4,91 % à 6 010 yens. L’indice Topix a reculé de son côté de 1,61 % à 1 175,07 points. Mercredi, le Nasdaq américain a terminé en baisse de 2,32 % à un plus bas de quatre mois, tandis que le yen a grimpé à un plus haut de deux mois contre le dollar, dopé par la morosité des perspectives actuelles de l’économie américaine. Un yen raffermi réduit les bénéfices réalisés à l’étranger par les exportateurs, au moment de la conversion de leurs résultats en yen.
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