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Actualités - Chronologies

Les maternités tardives

Rapportée par l’agence d’information française AFP, la nouvelle ne cesse de susciter interrogations et commentaires. Dans l’histoire de l’humanité, semblables exemples sont rarissimes, au point de relever du miracle et de l’intervention céleste. Il n’en est nullement de même pour la dame de Fréjus qui, d’après la presse, a bénéficié d’un don d’ovule aux États-Unis, ce qui est interdit en France où la loi réserve expressément la procréation médicalement assistée aux seuls couples en âge de procréer. Une enquête est donc en cours actuellement pour explorer l’environnement familial du nouveau-né afin de déterminer les conditions dans lesquelles il est venu au monde. Une mode lancée par un médecin Le cas de cette «jeune mère» sexagénaire se rapporte à une «vogue» lancée en Italie par Severino Antinori, un médecin romain ayant élargi les indications et adapté la technique d’un traitement destiné aux femmes dont l’âge se situe autour de la cinquantaine, souffrant d’une ménopause précoce ayant, en conséquence, cessé d’ovuler. L’ovocyte est prélevé chez une femme et fécondé avec des spermatozoïdes du futur père ou d’un donneur. Par la suite, l’embryon est transplanté dans l’utérus de la future mère. Le don d’ovule, cependant, s’il est techniquement maîtrisé, il reste beaucoup plus rare et sensiblement plus difficile que le don de sperme. De surcroît, il est quasiment impossible de congeler des ovules. Sans oublier que la «donneuse» doit se soumettre, avant le don, à un traitement de stimulation ovarienne intensif, puis se soumettre à l’intervention du prélèvement des ovules. La déviation des objectifs de cette méthode de fécondation a débuté en 1988, avec l’annonce, par le Dr Antinori, des possibilités de l’application de cette méthode chez des femmes de plus de cinquante ans désirant avoir un enfant. En 1996, le médecin italien déclenchait une violente polémique à la suite d’une nouvelle annonce faite en Californie repoussant la frontière d’âge de sa méthode jusqu’à 61 ans, après la mise au monde d’une petite fille dont la mère comptait 63 printemps et neuf mois... Il importe de préciser que le Dr Antinori n’était pas le seul maître de cette méthode de procréation assistée. En France, dès 1994, le Dr Velter déclarait, preuves à l’appui, avoir assisté plus d’une dizaine de femmes de plus de cinquante ans à procréer. Mais les lois françaises de bioéthique, promulguées en ce moment, ont vite fait d’imposer un frein radical à semblables initiatives. Sans pour autant empêcher le déclenchement d’une polémique entre partisans de la maternité tardive assistée et ses détracteurs. La loi ayant tranché en faveur du «non» quant à l’application de ces manipulations génétiques, l’affaire a été classée. Ce qui ne fut pas le cas aux États-Unis et en Italie. Qu’en pensent les médecins? Bien plus circonspects et hors de toute polémique, un grand nombre de médecins s’inquiétent de cette manipulation. Ils relèvent le fait que plus une femme avance en âge, plus l’attente d’un enfant présente des risques. À partir de la cinquantaine, les risques de complications cardio-vasculaires s’intensifient, mettant en danger non seulement sa santé mais sa vie! Certains médecins refusent d’accéder à telle demande même pour une femme en parfaite santé, estimant que le rôle du médecin a une dimension morale et spirituelle lui interdisant «des prestations de services techniques», selon leurs termes. En l’absence de raisons strictement médicales, les risques de semblables démarches paraissent nettement disproportionnés. D’autres, toutefois, considèrent que du moment qu’une femme est clairement et totalement informée des risques qu’elle encourt, la décision lui revient... Mais, dans ce cas, pourquoi la société combat-elle par tous ses moyens l’usage des stupéfiants et l’alcoolisme? Tout le monde connaît les ravages de ces produits et les risques qu’ils représentent. Elle intervient pourtant pour limiter dans la mesure du possible leur usage... Les maternités «hors saison», toute proportion gardée, ne sont pas plus salutaires. Il y a des lois et des frontières qu’on ne transgresse pas sans risque... Est-il sage de le tenter pour l’espèce?
Rapportée par l’agence d’information française AFP, la nouvelle ne cesse de susciter interrogations et commentaires. Dans l’histoire de l’humanité, semblables exemples sont rarissimes, au point de relever du miracle et de l’intervention céleste. Il n’en est nullement de même pour la dame de Fréjus qui, d’après la presse, a bénéficié d’un don d’ovule aux États-Unis, ce qui est interdit en France où la loi réserve expressément la procréation médicalement assistée aux seuls couples en âge de procréer. Une enquête est donc en cours actuellement pour explorer l’environnement familial du nouveau-né afin de déterminer les conditions dans lesquelles il est venu au monde. Une mode lancée par un médecin Le cas de cette «jeune mère» sexagénaire se rapporte à une «vogue» lancée en Italie par...