La Fondation sociale de la culture (FPSC), l’ONG internationale qui finance et soutient cette session de Macmag Glip, a pour vocation la coopération internationale et, au niveau de l’Espagne, la sensibilisation sur les problèmes rencontrés dans d’autres pays. «Les pays européens consacrent une partie de leur budget à l’aide aux pays en développement», explique Joumana Trad, responsable des relations institutionnelles de la FPSC, rencontrée en marge de la session. «L’objectif d’associations comme la nôtre est de pousser ces pays à consacrer 0,7 % de leur budget à la coopération internationale. Mais pour ce faire, il faut sensibiliser la population». La FPSC travaille dans certaines parties du monde qu’elle s’est choisies pour cibles : principalement dans la Méditerranée arabe, en Amérique du Sud, dans quelques pays d’Asie comme le Vietnam et l’Inde. Elle instaure des stratégies de coopération internationale, c’est-à-dire qu’elle se lie avec des partenaires dans ces pays, des ONG, avec lesquels elle élabore des projets qui sont par la suite soumis à des agences de cofinancement, en vue d’obtenir le budget nécessaire. Qui suggère ces projets ? «L’initiative vient toujours de nos partenaires, précise Mme Trad. Nous aidons simplement notre partenaire dans la planification, en l’adaptant à la formulation exigée par les agences de financement et en offrant un appui logistique». Interrogée sur la nature des projets réalisés avec l’aide de la FPSC, elle explique : «Ils portent sur tout ce qui a rapport avec le développement. Au Liban, nous sommes présents depuis 1994, étant l’ONG espagnole qui a le plus œuvré dans ce pays, avec, à notre actif, une trentaine de projets d’un coût global de 2 000 millions de pesetas de financement. Pour les prochaines années, nous devrions consacrer au Liban 600 millions de pesetas, provenant de l’Agence espagnole de coopération internationale (qui dépend du ministère des AE). D’autres sources de financement incluent l’Union européenne, le ministère des Affaires sociales, l’Institut de la femme, et les mairies et communautés autonomes espagnoles». Les projets réalisés au Liban se sont étalés sur plusieurs régions, allant du Sud au Nord. Certains sont de nature agricole, avec la Fondation Mouawad ou l’Association de développement rural du Sud. D’autres ont été réalisés avec Arcenciel, pour les handicapés, notamment la construction du grand centre à Jisr al-Wati. Parmi les autres partenaires, l’Université Saint-Esprit de Kaslik, l’Association Afif Osseirane, le Macmag Glip, la «Majmou’a» (financée par l’USAid, pour des micro-crédits accordés aux femmes), etc. Réseau euro-arabe d’ONG «Nous organisons un séminaire en septembre sur la coexistence euro-méditerranéenne, auquel nous avons convié le ministère libanais des Affaires sociales», indique cette Libanaise mariée à un Espagnol, en réponse à une remarque sur le réseau impressionnant de relations au Liban. Le choix du Liban comme partenaire, poursuit-elle, a eu lieu d’une façon assez imprévue. «En 1994, l’UE suggère à notre présidente, Pilar Lara, de se lancer dans des projets au Liban, raconte Mme Trad. Sa première réaction est de refuser. Elle ne connaissait en effet pas du tout le Liban, mais elle y a été finalement invitée. Elle n’était pas enchantée de cette visite surtout que la situation lui paraissait, à elle étrangère, toujours aussi précaire». Mme Lara venait donc au Liban avec l’intention de dire non à un projet avec la Fondation René Mouawad. «Au bout de dix jours, elle est repartie en disant oui, poursuit en riant Mme Trad. Il faut relever qu’au Liban, le travail s’avère relativement facile pour une ONG du Nord. Il existe en effet beaucoup d’associations civiles au Liban qui travaillent très bien, très rigoureusement et en toute liberté. Le contact humain y est chaleureux, ce que les Espagnols apprécient particulièrement». Qu’en est-il du projet avec Macmag Glip ? «Le programme de formation de formateurs revêt un caractère régional, du Maroc jusqu’au Liban, dit-elle. Au cours de ces séminaires participent des représentants d’un grand nombre d’ONG. D’ailleurs, nous avons enclenché un processus de formation d’un réseau euro-arabe d’ONG de développement et d’intégration. Il sera présenté et lancé au cours du séminaire de septembre prochain. Nous avons déjà reçu une réponse favorable de 25 ONG, du Liban, de Palestine, de Jordanie, du Maroc, d’Algérie, d’Italie et d’Espagne». Quelle sera la ligne de travail d’un tel réseau ? «La lutte contre la pauvreté, le respect de la dignité et des droits humains, explique Mme Trad. Ce réseau tendra principalement à rapprocher ces ONG, qui travaillent dans le développement, des pourvoyeurs de fonds». La FPSC a un site internet à l’adresse suivante : www.fundacionfpsc.org
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