La Force de stabilisation de l’Otan en Bosnie (Sfor) a procédé vendredi à l’arrestation musclée d’un colonel de l’armée des Serbes de Bosnie, Vidosav Blagojevic, considéré comme l’un des responsables du massacre de l’enclave de Srebrenica. Bien que le porte-parole de la Sfor, Andrew Coxhead, ait déclaré tout ignorer de l’opération, Milorad Jacimovic, chef de la police de Banja Luka, principale ville de Republika Srpska (RS), l’entité serbe de Bosnie, a raconté à la presse comment la voiture du colonel avait été interceptée en plein jour par un barrage de véhicules militaires de la Sfor alors qu’il se rendait à une réunion. Dans l’énervement du contrôle d’identité, a rapporté M. Jacimovic, le pare-brise du véhicule a volé en éclats sous la crosse d’un soldat. Le colonel a été embarqué dans une camionnette civile immatriculée en Bosnie pour une destination inconnue, tandis que la personne qui l’accompagnait était remise en liberté. Les policiers de la RS ne sont pas intervenus, a encore assuré M. Jacimovic. La Sfor observe généralement un silence total sur les arrestations dans lesquelles elle est impliquée. Lors des précédentes arrestations, les suspects ont d’abord été conduits à la base de la Sfor de Tuzla avant de partir pour La Haye, siège du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Les autorités de la RS, pour leur part, affirment qu’elles n’ont reçu aucune demande d’arrestation pour un suspect de crimes de guerre secrètement inculpé. Le colonel Blagojevic ne figure pas d’autre part sur la liste des suspects de crimes de guerre rendue publique par le TPI. Cependant, une source proche du gouvernement central de Bosnie a indiqué que les autorités centrales avaient reçu sous pli secret un avis d’inculpation et une demande d’arrestation qui avaient été transmis aux autorités de RS. Selon un responsable du ministère de la Défense de RS, le colonel avait été convoqué devant le tribunal comme témoin et avait refusé de s’y rendre. Pendant la guerre de 1992-95, Blagojevic, 51 ans, commandait, au sein des forces serbes de Bosnie, une brigade d’infanterie et des unités du génie dans le corps de la Drina, tristement célèbre pour avoir mené l’assaut sur l’enclave de Srebrenica et Bratunac. Le TPI a condamné jeudi dernier le général serbe de Bosnie Radislav Krstic à 46 ans de prison pour génocide, en raison de son rôle dans le massacre de Srebrenica, où 7 000 civils musulmans avaient trouvé la mort des mains des forces serbes. Né le 22 juin 1950 à Bratunac (est de la Bosnie), aujourd’hui sur le territoire de la RS, le colonel Blagojevic est issu de l’Académie militaire de l’ancienne Fédération yougoslave. Il faisait partie de l’armée de la RS depuis sa formation en début de conflit de 1992-95 et assurait la fonction du commandant du génie dans l’armée de terre de l’entité serbe au moment de son arrestation. Cette nouvelle arrestation fait suite à la condamnation du général Krstic pour génocide, à l’arrestation de trois officiers de l’armée bosniaque, accusés de crimes contre les Croates de Bosnie et récemment transférés à La Haye et au transfèrement de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic. En revanche, les deux suspects les plus recherchés par le TPI, l’ancien dirigeant politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, et l’ancien chef militaire de l’armée Ratko Mladic, considérés comme responsables au premier chef du massacre de Srebrenica, courent toujours.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Force de stabilisation de l’Otan en Bosnie (Sfor) a procédé vendredi à l’arrestation musclée d’un colonel de l’armée des Serbes de Bosnie, Vidosav Blagojevic, considéré comme l’un des responsables du massacre de l’enclave de Srebrenica. Bien que le porte-parole de la Sfor, Andrew Coxhead, ait déclaré tout ignorer de l’opération, Milorad Jacimovic, chef de la police de Banja Luka, principale ville de Republika Srpska (RS), l’entité serbe de Bosnie, a raconté à la presse comment la voiture du colonel avait été interceptée en plein jour par un barrage de véhicules militaires de la Sfor alors qu’il se rendait à une réunion. Dans l’énervement du contrôle d’identité, a rapporté M. Jacimovic, le pare-brise du véhicule a volé en éclats sous la crosse d’un soldat. Le colonel a été embarqué...