Eunice Barber, championne du monde en titre de l’heptathlon, visera dès aujourd’hui, première journée de l’épreuve, une deuxième couronne mondiale consécutive à Edmonton. Malgré une chronique douleur au dos, notamment après ses courses, la Française, native de Freetown en Sierra Leone, affiche la plus haute des ambitions. «Mon premier objectif est de gagner. Mon second, peut-être, est de dépasser les 7 000 points. Je sens que j’ai encore plus de hargne qu’à Séville», prévient-elle. «Pour l’instant, ma douleur ne me gêne pas. Je ne la ressens pas pendant mes entraînements. Je la ressens surtout après des séances en course. Mais il s’agit juste du pincement d’un nerf au niveau du dos. Ainsi, j’ai fait l’impasse sur les Jeux de la francophonie afin de mieux me soigner et mieux m’entraîner». Déjà blessée lors des Jeux olympiques de Sydney, Eunice Barber avait dû abandonner après la seconde épreuve le saut en hauteur. Le titre olympique est allé à la Britannique Denise Lewis, sa dauphine aux championnats du monde en 1999 et peut-être – si sa santé le lui permet – sa rivale à Edmonton. Depuis les Jeux, Lewis n’a pas participé à un seul heptathlon. Blessée, la championne d’Europe a annoncé son retour à Edmonton. Mais Eunice Barber ne s’en soucie pas. « Des objectifs par rapport à moi » «En fait, je n’ai pas trop de nouvelles, comme des autres, d’ailleurs. Et j’évite de trop en demander. Attention, je ne les sous-estime pas, mais je ne m’occupe plus vraiment d’elles». «Bob Kersee, mon entraîneur américain, me demande de me fixer des objectifs par rapport à moi et non pas par rapport aux performances de mes adversaires», explique-t-elle. Mercredi, Lewis était alitée à cause de maux d’estomac et selon son entraîneur, Charles Van Commenee, «ses chances de participation étaient de 50 %». Cette saison, la meilleure performance d’Eunice Barber est de 6 736 points au meeting de Gotzis, unique heptathlon bouclé depuis son abandon olympique. Handicapée au lancer du poids, son talon d’Achille, l’heptathlonienne lorgne pourtant de plus en plus sur le record du monde de Jackie Joyner-Kersee (7 291 points), l’épouse de son entraîneur. Depuis les Jeux olympiques de Séoul, en 1988, ses 7 291 points représentent encore un herculéen record du monde (12’’69 au 100m haies, 1m86 en hauteur, 15m80 au poids, 22’’56 sur 200m, 7m27 en longueur, 45m66 au javelot et 2’08’’51 sur 800m). «Il aurait pu être encore plus inabordable si Jackie Joyner-Kersee n’avait pas raté son épreuve au javelot», souligne Claude Monot, l’entraîneur français d’Eunice Barber, basé à Nice, où son élève n’est venue que trois semaines cette saison. Le 22 août 1999, aux championnats du monde de Séville, Eunice Barber remportait à la surprise générale le titre avec 6 861 points, le record de France, et offrait à la délégation tricolore sa seule médaille d’or de la compétition. Aujourd’hui, Eunice Barber représente une fois encore la meilleure chance de médaille française de ces championnats du monde.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Eunice Barber, championne du monde en titre de l’heptathlon, visera dès aujourd’hui, première journée de l’épreuve, une deuxième couronne mondiale consécutive à Edmonton. Malgré une chronique douleur au dos, notamment après ses courses, la Française, native de Freetown en Sierra Leone, affiche la plus haute des ambitions. «Mon premier objectif est de gagner. Mon second, peut-être, est de dépasser les 7 000 points. Je sens que j’ai encore plus de hargne qu’à Séville», prévient-elle. «Pour l’instant, ma douleur ne me gêne pas. Je ne la ressens pas pendant mes entraînements. Je la ressens surtout après des séances en course. Mais il s’agit juste du pincement d’un nerf au niveau du dos. Ainsi, j’ai fait l’impasse sur les Jeux de la francophonie afin de mieux me soigner et mieux m’entraîner»....