Le général serbe bosniaque Radislav Krstic apparaît comme l’un des principaux bourreaux de l’enclave musulmane de Srebrenica (nord-est de la Bosnie), selon le dossier de l’accusation présenté au Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie. Meurtres, assassinats, extermination, actes inhumains et transferts forcés de musulmans bosniaques, tels sont une partie des crimes reprochés au général Krstic pour son rôle dans la plus grave tragédie survenue en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, selon l’acte d’accusation. «Nos preuves montrent que le général Krstic a participé à ces crimes, était pleinement conscient que de tels crimes étaient perpétrés et les a soutenus», avait indiqué le procureur Mark Harmon dès le début du procès en mars 2000. Le général Krstic est décrit comme le bras droit de l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic. Ce dernier, également inculpé par le TPI pour son rôle à Srebrenica aux côtés de Radovan Karadzic, à l’époque dirigeant politique des Serbes de Bosnie, est toujours en fuite. «Krstic est responsable. Il était au courant de ce qui se passait et n’a rien fait pour l’empêcher. Il n’a pas sanctionné les auteurs des crimes», a estimé M. Harmon lors de son réquisitoire en juin. Radislav Krstic est notamment inculpé de génocide, le plus grave chef d’accusation prévu par le TPI. Selon son acte d’accusation, il était «animé de l’intention de détruire une partie de la population musulmane de Bosnie en tant que groupe national, ethnique ou religieux», soit la définition du génocide. «Entre le 11 juillet 1995 environ et le 1er novembre 1995, Radislav Krstic a planifié, incité à commettre, ordonné ou de tout autre manière aidé et encouragé à planifier (...) l’exécution de masse, planifiée et organisée, au cours de laquelle ont péri des milliers d’hommes musulmans de Bosnie capturés dans la zone protégée de Srebrenica», poursuit le document. L’officier serbe bosniaque est également accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Sous son commandement, des militaires des forces armées serbes de Bosnie (VRS) «ont sommairement exécuté à l’arme automatique et à la grenade à main environ 500 hommes musulmans de Bosnie qui se trouvaient à l’intérieur du centre culturel de Pilica», un village à proximité de Zvornik, précise son acte d’accusation. Le document égrène ensuite les exemples d’exécutions sommaires dans des fermes, d’autres écoles et les barrages . Lors de la prise de Srebrenica, le général Krstic était commandant intérimaire du corps de la Drina qui a mené l’assaut contre l’enclave le 11 juillet 1995. Il a ensuite été promu à la tête de ce corps le 13 juillet, selon l’accusation. La chute de l’enclave et les massacres qui ont suivi ont abouti à la disparition de plus de 7 000 hommes musulmans, selon les chiffres du Comité international de la Croix-Rouge. Le TPI a exhumé à ce jour 2 028 corps de 22 charniers. Plus de 2 500 seraient dans des charniers qui n’ont pas encore été fouillés.
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