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Actualités - Chronologies

Dette - Moody’s tire la sonnette d’alarme

En abaissant lundi le plafond de notation de la dette en devises du Liban à B2 contre B1 l’agence Moody’s souligne une fois de plus la gravité de la situation d’endettement du Liban. L’agence internationale affirme dans son rapport que l’abaissement de la note du Liban – et par conséquent, celle de la dette en euro-obligations libellée en devises qui est également abaissée d’un cran à B2 – s’explique par «la sérieuse détérioration de la dynamique de la dette du gouvernement libanais». Moody’s s’inquiète particulièrement de l’augmentation rapide de la dette libellée en livres libanaises au cours des dernières années. Une inquiétude qu’elle manifeste en abaissant de deux crans la note d’émission en livres du gouvernement à B3. «L’évolution de la dette est telle qu’il faudra des efforts très importants pour la stabiliser et des efforts encore plus grands pour inverser sa tendance à la hausse», lit-on dans le rapport. L’agence souligne que le déficit budgétaire qui représente 24 % du PIB se creuse sous l’effet d’un service de la dette croissant, «ce qui crée une trappe de la dette, puisque de nouveaux emprunts sont lancés pour payer les intérêts de dettes contractées précédemment». Selon les calculs de l’agence, le remboursement des intérêts de la dette publique va absorber 85 % des recettes de l’État en 2001, mais espère que ce ratio diminuera «quelque peu» dans les deux années à venir. Moody’s explique que l’accumulation de la dette est due à la dépendance du Liban par rapport à une base d’investisseurs dominée par les banques libanaises qui l’a obligé à construire des avoirs libellés en devises en contrepartie de leurs ressources en monnaie locale. Toutefois, note Moody’s, le système bancaire est de plus en plus dollarisé et les ressources bancaires libellées en livres ont diminué. «De plus, les banques libanaises disposent d’importants avoirs extérieurs nets et ont participé fortement aux émissions d’eurobonds du gouvernement, mais elles sont de plus en plus réticentes à augmenter leur portefeuille de créances en livres sur l’État, qui est déjà grand». Moody’s rappelle que le gouvernement libanais s’est délibérément tourné vers le marché des eurobonds pour obtenir des financements à meilleurs coûts. En conséquence, la part de la dette libellée en devises représente désormais un tiers de la dette publique totale. Les particularités de la base d’investisseurs du Liban – composée essentiellement de personnes d’origine libanaise résidant à l’étranger et qui disposent de dépôts importants dans le système bancaire local – permettent au gouvernement d’emprunter à des taux inférieurs que les pays dont la note est similaire. «Les besoins en devises du service de la dette sont donc gérables pour le moment, mais ils augmentent rapidement et pourraient vite devenir bien plus onéreux». L’agence de notation note que le gouvernement qui entre en fonctions à la fin de l’année dernière a commencé à mettre en œuvre des mesures destinées à augmenter les recettes de l’État, à privatiser les entreprises publiques et à réduire les dépenses pour redresser la situation. Les besoins du pays en infrastructures nouvelles ont également diminué par rapport aux premières années de l’après-guerre, ce qui devrait diminuer la pression sur le budget. Moody’s conclut donc son rapport en affirmant qu’elle continuera de surveiller la situation libanaise afin de stabiliser sa notation si un progrès est réalisé. L’agence note enfin que la révision du plafond de la dette souveraine du Liban autorisait quand même la notation de certains émetteurs obligataires libanais au-dessus de ce plafond fixé à B2 pour les devises. En effet, Moody’s maintient sa note B1 pour les trois banques qu’elle a examinées dans le pays (la Banque Audi, la Banque Byblos et la Blom) et n’exclut pas de relever cette note. Mais la notation de leurs dépôts reste inchangée à B2.
En abaissant lundi le plafond de notation de la dette en devises du Liban à B2 contre B1 l’agence Moody’s souligne une fois de plus la gravité de la situation d’endettement du Liban. L’agence internationale affirme dans son rapport que l’abaissement de la note du Liban – et par conséquent, celle de la dette en euro-obligations libellée en devises qui est également abaissée d’un cran à B2 – s’explique par «la sérieuse détérioration de la dynamique de la dette du gouvernement libanais». Moody’s s’inquiète particulièrement de l’augmentation rapide de la dette libellée en livres libanaises au cours des dernières années. Une inquiétude qu’elle manifeste en abaissant de deux crans la note d’émission en livres du gouvernement à B3. «L’évolution de la dette est telle qu’il faudra des efforts...