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Actualités - Chronologies

Un ancien cireur de chaussures

Le nouveau chef de l’État péruvien Alejandro Toledo, 55 ans, qui a été investi samedi, jour de la fête nationale, en présence de nombreuses délégations étrangères, est le premier président de l’histoire du pays d’origine quechua à accéder au pouvoir par la voie des urnes. Économiste formé aux États-Unis, il est issu d’un milieu très modeste. Son père était un maçon journalier à Chimbote, un port de pêche de la côte nord du Pacifique, où il avait émigré avec toute sa famille depuis son petit village andin, Cabana, poussé par la misère. Ses origines modestes ont contraint Alejandro Toledo, alors enfant, à gagner sa vie comme cireur de chaussures et vendeur de journaux dans les rues de cette ville, tout en allant à l’école où un enseignant le repère et l’aide à obtenir une bourse aux États-Unis, à l’université de Stanford à San Francisco. Au terme de ses études, il devient consultant à la Banque mondiale. Par la suite, il fait une carrière d’économiste dans divers organismes internationaux avant de revenir au Pérou où il est enseignant dans une école de commerce et d’administration d’entreprises. Alejandro Toledo est marié à Eliane Karp, une anthropologue belge de 47 ans, née à Paris et ayant également la nationalité américaine, avec qui il a eu une fille, Chantal, aujourd’hui étudiante à Toulouse (France). Petit, brun, les traits indiens très marqués, il est surnommé le «Cholo», terme qui désigne les Indiens quechua et aymara qui représentent près de 80 % de la population au Pérou. Cette similitude avec la grande majorité de 25 millions de Péruviens, ses origines modestes et son exceptionnelle ascension sociale ont été, selon les analystes, ses principaux atouts électoraux plus que ses convictions politiques «au demeurant assez floues». L’an dernier, il s’était présenté comme l’homme du changement dans la continuité et le défenseur de la démocratie, face au régime qualifié d’autoritaire d’Alberto Fujimori, le président destitué aujourd’hui en exil au Japon, pays de ses parents dont il a la nationalité. Lors de l’élection présidentielle d’avril 2000, il avait obtenu plus de 40 % des voix au premier tour et s’était alors imposé comme le fédérateur de l’opposition à l’ex-président Fujimori. Lors de sa première candidature à la présidence en 1995, il n’avait enregistré qu’un modeste score de 3,24 %. Il a été élu le 13 juin dernier, à l’issue du second tour de la présidentielle, avec 53,08 % des suffrages, face à l’ancien président Alan Garcia (1985-90). Sa vie privée avait fait l’objet d’attaques lors de la campagne électorale. Il avait été accusé d’avoir consommé de la cocaïne et d’avoir menti en niant notamment une paternité extraconjugale.
Le nouveau chef de l’État péruvien Alejandro Toledo, 55 ans, qui a été investi samedi, jour de la fête nationale, en présence de nombreuses délégations étrangères, est le premier président de l’histoire du pays d’origine quechua à accéder au pouvoir par la voie des urnes. Économiste formé aux États-Unis, il est issu d’un milieu très modeste. Son père était un maçon journalier à Chimbote, un port de pêche de la côte nord du Pacifique, où il avait émigré avec toute sa famille depuis son petit village andin, Cabana, poussé par la misère. Ses origines modestes ont contraint Alejandro Toledo, alors enfant, à gagner sa vie comme cireur de chaussures et vendeur de journaux dans les rues de cette ville, tout en allant à l’école où un enseignant le repère et l’aide à obtenir une bourse aux...