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Actualités - Chronologies

Le statut de la langue albanaise, question-clé dans le conflit macédonien

Le statut de la langue albanaise demeure l’une des principales pommes de discorde entre Macédoniens et Albanais qui continuent d’osciller entre guerre et paix, entre silence des armes et négociations. «C’est une question très émotionnelle», a déclaré une source occidentale proche des pourparlers entre Albanais et Macédoniens, ajoutant que les négociations sur d’autres questions «avaient avancé à 95 %». Les deux camps sont engagés dans des pourparlers depuis le 9 juillet, sous l’égide d’émissaires occidentaux. Les Albanais de Macédoine, majoritairement musulmans, constituent entre un quart et un tiers des deux millions d’habitants de la Macédoine. Ils affirment qu’ils ne trouveront leur place dans un État multiethnique que lorsque leur langue sera officiellement reconnue. La majorité macédonienne, principalement orthodoxe, a catégoriquement rejeté cette revendication. Skopje voit essentiellement dans cette exigence des Albanais, principalement concentrés le long de la frontière nord-ouest avec le Kosovo, une étape dangereuse pouvant mener à la création d’une entité albanaise séparée. Mais les Albanais, qui demeurent catégoriques sur la question de la langue, ont suspendu la semaine dernière leur participation aux pourparlers de paix, après le rejet par Skopje de leurs revendications. Dans la partie albanaise de Skopje, le Bit Pazar, les commerçants albanais, côtoient leurs voisins macédoniens, turcs, roms et bosniaques. Ils échangent des mots dans leur langue respective devant des boutiques où sont plantés des mannequins de cire aux expressions pétrifiées. Mais même dans ce quartier multiculturel, les Albanais insistent sur la nécessité de la reconnaissance officielle de leur langue. Les Albanais unanimes Chez un barbier albanais, équipé de fauteuils en cuir d’un autre âge, où le seul luxe semble être un fond d’eau de Cologne oublié dans une vieille bouteille, des Albanais affichent leur unanimité sur cette question. «Nous ne voulons pas de la guerre, cela serait une catastrophe», déclare le propriétaire, Rexhep, mais «nous ne céderons pas sur la question de la langue». Pour Ismaïl Mehmeti, un Albanais, enseignant l’anglais à la nouvelle université de Tetovo (nord-ouest), le «statut de votre langue exprime exactement votre statut social et politique». Selon des linguistes macédoniens, la langue albanaise est considérée comme une prolongation de la langue illyrienne avec une forte influence romane, arménienne et baltique. Au bout d’une rue à Skopje, où la pauvreté est parfois criante, et où des enfants tziganes dorment à même le trottoir sur des bouts de cartons, le directeur albanais du Théâtre des nationalités, Sefedin Nuredini, espère qu’il pourra bientôt pouvoir mettre en scène en albanais la pièce de Brecht Mère courage. Les Albanais, selon lui, ressentent le besoin de jouer des pièces dans leur propre langue pour exprimer leur identité culturelle. Ils déplorent le manque «cruel» de subventions de l’État, et les six mois de conflit entre Macédoniens et Albanais qui «n’ont fait qu’empirer les choses». Au lieu de venir regarder des pièces de théâtre, les Albanais inquiets préfèrent, selon M. Nuredini, rester à la maison et regarder la télévision, principale source d’information dans ce pays rural. «Après septembre, il n’y aura plus que des maisons brûlées, des cœurs brisés», dit-il, craignant une véritable guerre civile. «Et dans dix ans, cette histoire de langue sera ridicule, car la langue universelle sera le chinois», ironise Sefedin, dont les mots sont couverts par les appels à la prière des muezzins.
Le statut de la langue albanaise demeure l’une des principales pommes de discorde entre Macédoniens et Albanais qui continuent d’osciller entre guerre et paix, entre silence des armes et négociations. «C’est une question très émotionnelle», a déclaré une source occidentale proche des pourparlers entre Albanais et Macédoniens, ajoutant que les négociations sur d’autres questions «avaient avancé à 95 %». Les deux camps sont engagés dans des pourparlers depuis le 9 juillet, sous l’égide d’émissaires occidentaux. Les Albanais de Macédoine, majoritairement musulmans, constituent entre un quart et un tiers des deux millions d’habitants de la Macédoine. Ils affirment qu’ils ne trouveront leur place dans un État multiethnique que lorsque leur langue sera officiellement reconnue. La majorité macédonienne,...