Le sommet de Gênes a été une épreuve pour le président américain George W. Bush, pris à partie par ses amis européens sur l’environnement et tancé comme un novice pour sa conception de l’aide au développement. Pour sa première participation à ce type de réunions, George W. Bush savait qu’il était attendu sur le protocole de Kyoto, considéré par les Européens comme l’instrument pour lutter contre le réchauffement de la planète. Son refus de le faire ratifier par les États-Unis hypothèque sa mise en œuvre, car plusieurs grands pays industrialisés, comme le Japon, le Canada et l’Australie, et d’autres grands pollueurs comme la Chine, l’Inde et le Brésil ont opté pour l’attentisme. Le sujet a été abordé vendredi, dès la première journée du sommet, et a donné lieu à un échange musclé avec le président français Jacques Chirac, son plus farouche critique. Les six autres dirigeants ne sont pas intervenus, pour ne pas heurter de front les Américains. Mais George W. Bush a refusé de bouger. Jacques Chirac a alors invité ses partenaires à prendre leurs responsabilités vis-à-vis des générations futures en jugeant que les Huit n’avaient pas à cacher leur désaccord derrière une formulation ambiguë. Le président français a obtenu gain de cause. La déclaration finale mentionne un désaccord sur l’environnement. Le courant n’est visiblement pas passé entre George W. Bush et Jacques Chirac pendant ce sommet. Les deux hommes se sont également opposés au cours d’un point de presse commun sur les manifestations des militants antimondialisation dont George W. Bush est l’une des bêtes noires. Insistant sur les violences qui ont dénaturé le rendez-vous de Gênes, George W. Bush, très virulent, a dénié aux manifestants «le droit de prétendre représenter la voix des pauvres». Jacques Chirac, le visage grave, a démenti son interlocuteur en affirmant qu’au-delà des casseurs, «il y a un phénomène qui demande à être apprécié par les dirigeants du monde». Le président américain n’en avait pas fini avec les critiques. Lors de la discussion sur l’aide au développement, il s’est livré à une démonstration qui n’a pas convaincu ses partenaires sur la nécessité d’inclure dans l’aide à l’Afrique toutes les actions de la communauté internationale en matière de maintien de la paix et de réglement des conflits. Ses partenaires lui ont alors fait comprendre que cette approche n’était pas celle attendue par le continent. George W. Bush a très diplomatiquement éludé ses divergences de vues avec le président français. «Jacques Chirac m’a fait valoir ses arguments et il continue à le faire, ce dont je lui suis reconnaissant». Le président américain a eu plus de réussite avec son homologue russe Vladimir Poutine sur son projet de bouclier antimissile, mais au prix de concessions. À l’issue d’une rencontre bilatérale, les deux dirigeants ont annoncé avoir convenu de lier le projet à une discussion sur la réduction des arsenaux nucléaires des deux pays. George W. Bush doit en effet obtenir l’accord de la Russie pour modifier le traité de limitation des systèmes antimissiles (ABM) de 1972 afin de pouvoir mettre en œuvre ce bouclier. Pour cela, il est revenu sur ses positions, après avoir déclaré préférer des réductions unilatérales à des réductions mutuelles.
Le sommet de Gênes a été une épreuve pour le président américain George W. Bush, pris à partie par ses amis européens sur l’environnement et tancé comme un novice pour sa conception de l’aide au développement. Pour sa première participation à ce type de réunions, George W. Bush savait qu’il était attendu sur le protocole de Kyoto, considéré par les Européens comme l’instrument pour lutter contre le réchauffement de la planète. Son refus de le faire ratifier par les États-Unis hypothèque sa mise en œuvre, car plusieurs grands pays industrialisés, comme le Japon, le Canada et l’Australie, et d’autres grands pollueurs comme la Chine, l’Inde et le Brésil ont opté pour l’attentisme. Le sujet a été abordé vendredi, dès la première journée du sommet, et a donné lieu à un échange musclé avec le...
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