Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Métiers de la mode - Créateurs de costumes

Dans les métiers de la mode, on parle rarement de celui du costumier. Si deux fois par an la presse et les foules se mobilisent pour détailler, commenter, évaluer les créations des couturiers, les spectateurs des pièces et des films historiques ne s’attardent jamais sur l’extraordinaire travail des costumiers. On connaît à peine quelques grands créateurs du costume, dont les noms passent généralement sur l’écran bien après ceux des producteurs, metteurs en scène, acteurs, scénaristes, éclairagistes. Et pourtant... Qui se rappelle, en effet, du nom de Dominique Borg, créatrice des costumes de Camille Claudel, ou d’Angus Stathie, le créateur des costumes de l’inoubliable Moulin Rouge? Dans Femme Fatale de Brian De Palma, la protagoniste «passe» 14 costumes superbes, mais qui se souvient du nom d’Olivier Bériot, le créateur de ces merveilles? C’est là le triste sort des artistes «de l’ombre». «Quatorze jours de travail quotidien, durant plus de trois semaines, rien que pour réunir les achats des matières premières», commentera sobrement le créateur (36 millions de dollars, le budget consacré aux tenues). Il arrive souvent que le créateur ou le costumier ait recours à sa propre imagination et à son savoir pour «habiller» une scène très importante, pour l’intrigue. «Les vêtements se doivent d’être aussi graphiques et photogéniques que les visages», expliquera Olivier Biérot. Détail insoupçonné: le choix des costumes s’opère toujours sur photos! «Puisque le choix ne se fait que sur ce qu’on verra en photo, il est logique que tout se fasse en fonction de ce fait», expliquent les spécialistes. Il arrive aussi que des vêtements «photogéniques» soient confectionnés à partir de pièces anciennes et suivant des techniques et du matériel de base anciens. «Il a fallu parfois, commente Bériot au cours d’un de ses entretiens journalistiques, créer des pièces d’époque,à partir de parcelles de vêtements authentiques. Tels les haillons d’une jupe ou les restes quasi impalpables d’un bustier, ou d’un corsage. Un vrai boulot d’enfer pour à peine un centimètre d’écran sur le film définitif». Il est inutile de signaler que de minutieuses recherches et des études sont indispensables pour les films historiques. Les énormes bévues commises par le cinéma américain à ses débuts ne sont plus de mise. Les reconstitutions carnavalesques n’amusent plus personne. Ainsi pour Le roi danse, le film dont le budget «costumes» était un peu juste (quatre millions de francs), il a fallu ne pas perdre de vue les changements survenant dans la cour de Louis XIV au cours de son règne. Somptueuse et éclatante au début, elle devient graduellement puritaine, suivant l’évolution morale du Roi Soleil. La mutation se doit d’être visible à travers les vêtements des acteurs et des comparses... Il semble que devant un costume particulièrement réussi, un cérémonial impressionnant a toujours lieu. Mais il arrive souvent que l’acteur rechigne, objecte, refuse de porter la création jugée peu à son goût. Le metteur en scène rassure, persuade, tempère. Dans certains cas (rares), il renvoie la merveille pour de légères rectifications, mais tout s’arrête là... Après tout, c’est l’habit qui fait le moine et non pas le contraire. L’acteur n’a qu’à surmonter son angoisse et à jouer pleinement son rôle dans les habits conçus. Le métier est-il ouvert aux femmes? Sans nul doute, semble-t-il. Carine Sarfati «habille» Vidocq de Pitof, qui sort en septembre prochain, Catherine Leterrier était la créatrice des costumes de Jeanne d’Arc de Luc Besson. Dominique Borg a eu un César pour ses costumes dans Camille Claudel. Pour Le pacte des loups, la garde-robe qu’elle a confectionnée est époustouflante. «Ce qui me plaît, confie-t-elle, c’est la surprise, la “mise en danger” du costume. Je le fais parfois évoluer pendant les prises de vue, mais la loi c’est la loi: tout doit être calé avant»...
Dans les métiers de la mode, on parle rarement de celui du costumier. Si deux fois par an la presse et les foules se mobilisent pour détailler, commenter, évaluer les créations des couturiers, les spectateurs des pièces et des films historiques ne s’attardent jamais sur l’extraordinaire travail des costumiers. On connaît à peine quelques grands créateurs du costume, dont les noms passent généralement sur l’écran bien après ceux des producteurs, metteurs en scène, acteurs, scénaristes, éclairagistes. Et pourtant... Qui se rappelle, en effet, du nom de Dominique Borg, créatrice des costumes de Camille Claudel, ou d’Angus Stathie, le créateur des costumes de l’inoubliable Moulin Rouge? Dans Femme Fatale de Brian De Palma, la protagoniste «passe» 14 costumes superbes, mais qui se souvient du nom d’Olivier...